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39-45 : Travail obligatoire
Datte: 28/06/2022, Catégories: fh, fplusag, campagne, amour, init, rencontre, Auteur: Roy Suffer, Source: Revebebe
... t’avoir en moi… Immobiles, le pénis palpitait, le vagin se contractait sporadiquement, mais ni l’un ni l’autre ne bougèrent. Il fallut du temps pour trouver le sommeil, l’excitation vrillée aux ventres. Ils finirent par s’endormir ensemble, connectés et constituant comme un être unique. Astrid s’éveilla la première et contempla son amant dans un sommeil profond. Inutile de le réveiller, la vache n’était plus à traire. Quand il sortit des limbes, elle engagea la conversation : — Pardonne-moi, mein Hans. Je me sens tellement coupable, je suis punie… — Coupable de quoi ? Punie par qui ? — Coupable de prendre trop de plaisir avec toi. C’est Dieu qui me punit. — Foutaises… — C’est quoi « foutaises » ? — Bêtises, balivernes, stupidités. — Mais pourquoi ? — Tu te penses aussi importante que ça ? Tu crois que ton dieu, s’il existait, n’aurait pas mieux à faire de s’occuper de votre Hitler et de tous ceux qui sont responsables de cette guerre ? De ceux qui tuent et font souffrir les autres ? — Mais j’ai trompé mon mari et il est mort. — Savait-il que tu le trompais ? S’est-il donné la mort à cause de toi ? Non, bien sûr que non. Tu n’aurais rien fait qu’il serait mort quand même. — Tu crois vraiment ? — Évidemment. Réfléchis un peu, ça ne tient pas debout. À qui as-tu fait du mal ? À personne, puisque personne ne le savait. Tu t’es juste fait du bien à toi, et à moi aussi. Et en me faisant du bien, tu as fait une bonne action pour un pauvre prisonnier. — Tu as ...
... peut-être raison… — Bien sûr que j’ai raison. Il y a des siècles qu’on nous ment : plus vous serez malheureux sur terre et plus vous aurez de chances d’aller au paradis ! « Got mit uns » ! Et on peut tuer comme on veut avec la bénédiction de dieu ? Tu vois bien que ce ne sont que des gros mensonges. — C’est vrai. Ce que tu dis est vrai. Alors je ne suis pas coupable ? — Si, tu es coupable de ne plus me donner de plaisir et de ne plus en prendre. — Ha-ha-ha ! Gross filou ! — Là, je suis d’accord. Mais juste un peu ! Ces quelques mots débarrassèrent Astrid de ses réticences, d’autant plus facilement qu’elle bouillait de désir. Elle se jeta sans retenue sur son amant, le dévora de la bouche au sexe et s’offrit une chevauchée identique à celle qui l’avait, la première fois, menée à l’orgasme. Le sort était conjuré, ils reprirent leur vie amoureuse et ce qu’elle qualifiait de débauche et fornication. Et tant mieux, car l’hiver fut long et rigoureux, au point que Jean dut atteler la jument en plein janvier pour aller débarder le bois qu’il n’avait pas eu le temps de rentrer. Ils avaient énormément consommé, par la rigueur de l’hiver, mais aussi parce que les cheminées de la chambre et du bureau étaient allumées presque en permanence. C’était indispensable, ils étaient si souvent nus… Un jour même, comble de la dépravation, alors que Jean jouait une valse au piano, Astrid esquissa un pas de danse, se remémorant des cours qu’elle prenait enfant, avant 1914. Jean trouva cette ...