-
39-45 : Travail obligatoire
Datte: 28/06/2022, Catégories: fh, fplusag, campagne, amour, init, rencontre, Auteur: Roy Suffer, Source: Revebebe
... ce jour-là, c’est qu’il ne put pas jouer de piano tant ses mains étaient douloureuses et couvertes d’ampoules. Ils se contentèrent donc de leur séance linguistique. Astrid faisait des progrès rapides, Jean également, mais l’allemand semblait vraiment plus difficile que le français. Bon an, mal an, ils purent bientôt tenir de vraies conversations, naviguant parfois d’une langue à l’autre. Au programme de la semaine suivante, il fallait faire les foins. Jean savait à peu près manipuler la faux, mais il se voyait mal couper plusieurs hectares d’herbes hautes. Astrid lui indiqua que son mari utilisait au moins deux machines pour faire ça. Il inspecta les richesses mécaniques de la grange et en déduisit qu’il y avait là au moins une faucheuse et un râteau faneur. Attelage et en avant ! L’Allemande le laissa faire seul, la machine était avant tout une petite remorque métallique à deux roues, avec un siège et une barre de coupe latérale que le mouvement des roues actionnait. Il prit soin d’huiler copieusement la mécanique et de donner un coup de pierre à affûter sur les lames, ça il savait faire. Du coup, faire les foins lui parut un véritable plaisir au regard du labour. Sans être paysan, il savait que le foin doit sécher avant d’être rentré, doit être aéré et retourné, certainement le rôle de la faneuse. Et en avant ! L’instituteur jouait au paysan et y prenait un certain plaisir. Plaisir aussi que de voir le jardin verdir, même s’il fallait déjà enlever des mauvaises ...
... herbes, plus promptes à pousser que les légumes. Plaisir de voir le champ d’orge se couvrir d’un fin gazon vert tendre. Plaisir encore de remplir le grenier, là où il dormait, jusqu’au toit. Hélas oui, il n’y avait plus que deux animaux à nourrir et le foin était en excès. Mais pour Astrid, c’était nécessaire puisque sa vache arrivait en fin de lactation. Il fallait donc la faire couvrir à nouveau, ce qui supposait la naissance prochaine d’un veau. Restait à reloger Jean, ce qu’elle fit sans difficulté, lui offrant une chambre à l’étage, car elle, depuis qu’elle était seule, dormait dans le « sanctuaire » de son père disparu. Un lit ! Dormir dans un lit, bientôt un an que ça n’était plus arrivé au jeune homme qui eut presque du mal à s’y accoutumer : trop doux, trop chaud, trop confortable, une gêne qui disparut très vite. Mais cette nouvelle proximité, presque intimité, avec sa geôlière le troublait. Cette fois, il pensait réellement à elle en tant que femme, certes la seule qu’il ait sous les yeux, mais qui n’en était pas moins désirable. Et son désir grandissait, devenant presque obsessionnel. Il atteint son comble lorsqu’elle l’emmena avec elle hors de la ferme, pour la première fois, le cheval attelé à la charrette et la vache attachée derrière. Le taureau géniteur était dans une autre ferme, à quelques kilomètres, on enferma les deux animaux dans le même enclos. Il fit connaissance avec le vieux couple propriétaire du taureau, les premières personnes que Jean rencontrait ...