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39-45 : Travail obligatoire
Datte: 28/06/2022, Catégories: fh, fplusag, campagne, amour, init, rencontre, Auteur: Roy Suffer, Source: Revebebe
... accomplis, il se mit en tête d’aller plus loin et de tenter le coup. Non, pas de l’évasion, mais du labour. La jument semblait lui obéir, il sortit la charrue et monta son attelage. Il choisit le champ le plus proche, à l’herbe bien broutée par la vache et la jument, un grand rectangle d’environ deux cents mètres sur cinquante. S’il parvenait à planter tout ça en patates, ça ferait de la réserve pour l’hiver. Au début, tout se passa bien ou à peu près. Le sillon était hésitant, tant en direction qu’en profondeur, mais la terre était retournée. Puis soudain tout bascula. L’attache de droite, certainement mal fixée, lâcha, la charrue versa entraînant le bonhomme. Dans la panique, il hurla « Ho… Holà… Stop ! » que l’animal ne comprit pas. Dès qu’il cria « Halt ! », la bête s’arrêta instantanément. Oui, mais Jean avait été traîné sur plusieurs mètres par les guides qui passaient sur son cou et sous son bras. Il se releva péniblement, un peu sonné, cracha la terre qu’il avait dans la bouche qui sortit rougie de sang. Voilà, ça y était, il l’avait sa blessure de guerre ! Le bras gauche était également bien râpé et sa main ramena du sang de sa tempe et de sa joue. Il remonta au puits, posa sa chemise et se lava à grande eau, dont la fraîcheur n’arrêta pas les petites hémorragies. Intriguée, Astrid sortit en courant et en criant plein de choses en germanique. Elle le fit asseoir sur une chaise, courut chercher des linges propres et commença à éponger. Puis elle attrapa une ...
... bouteille de schnaps, imbiba une compresse et tamponna doucement. La brûlure fut fulgurante et le fit crier et sursauter. — Bois, dit-elle en lui tendant la bouteille. Il avala une grande gorgée qui lui brûla aussi l’intérieur, la seconde lampée passa mieux. Ça faisait quand même très mal. — Ach… je ne sais pas dire… Elle alla chercher un miroir rectangulaire dans un cadre en bois et lui montra son visage. Ouf ! Vision d’apocalypse. Certes, il y avait une belle éraflure de la tempe à la joue, mais aussi une barbe drue pas rasée depuis une dizaine de jours. Son rasoir, arme potentielle, avait été confisqué avant de venir. Il tâta la jeune toison encore très râpeuse d’un air dépité : il ne ressemblait à rien d’autre qu’à un pauvre hère mendiant dans les bas-fonds. Mais Astrid lui montra surtout quelques points où des gravelles et même un peu de terre s’étaient incrustés sous la peau. Elle le fit lever, plaça la chaise dans un rayon de soleil et s’y assit, un grand canif à la main. — Komm hier, ordonna-t-elle en montrant ses genoux. (Viens ici) Il s’agenouilla près d’elle et posa sa joue intacte sur ses cuisses, le museau près de son ventre chaud. Un instant, il redevenait petit enfant ayant pris une bûche à vélo, que sa maman allait soigner. Avec une infinie douceur, la femme souleva la peau de la pointe du couteau et retira une à une toutes les impuretés. Il ne bougeait pas même si parfois ce n’était guère agréable. Il était bien dans cette douceur, cette chaleur, ...