1. Maison d'arrêt (2)


    Datte: 02/10/2021, Catégories: Transexuels Auteur: TALON1314

    Comme me l’avait ordonné M. DELLACOSTA, je retournai à ma cellule lentement, de façon à bien faire voir à tous que j’étais la pute du caïd de la prison.
    
    Je m’attendais à entendre des plaisanteries salaces ou tout au moins à voir des regards moqueurs, mais il n’en fut rien. Au contraire, les gens que je croisais évitaient de me regarder dans les yeux et je n’entendis pas une seule remarque. C’était comme si je leur faisais peur. Non, ce n’était pas possible, comment pourrais-je leur faire peur avec mon physique de demoiselle ?
    
    Je ne comprenais pas.
    
    Dès que je fus rentré dans ma cellule, je me précipitai vers le lavabo pour me nettoyer de toutes ces souillures. Je venais de sucer un type devant des dizaines de personnes. Je me sentais horriblement sale.
    
    Je m’assis sur mon lit et pris mon visage entre mes mains. Mes sanglots si longtemps retenus éclatèrent tout d’un coup.
    
    — Maman, viens me chercher...
    
    Je sentis une main se poser sur mon épaule.
    
    — Inutile d’appeler ta mère petite, elle ne viendra pas.
    
    Je levais la tête d’un coup. Un homme d’une bonne cinquantaine d’années se trouvait devant moi, dans ma cellule. Je ne l’avais même pas entendu entrer.
    
    — Je ne suis pas une fille.
    
    — Ah, ouais, pourtant tu chiales comme une gamine.
    
    — J’ai failli me faire violer, et puis j’ai dû tailler une pipe devant tout le monde ! Comment voulez-vous que je réagisse ?
    
    — Comme le mec viril que tu crois peut-être être. En cassant la gueule à tous ceux qui ...
    ... t’approchent avec tes gros bras musclés.
    
    — Vous vous foutez de moi.
    
    — Evidemment. De cette façon, tu ne vas pas impressionner grand monde ici.
    
    — Qu’est-ce que je peux faire ?
    
    Je repartis en sanglots de plus belle. Mon visiteur s’assit à côté de moi sur le lit et mit sa main tendrement autour de mes épaules. Je posais ma tête contre sa poitrine.
    
    — Pleure un bon coup une bonne fois pour toutes ma petite, ensuite il va te falloir être très très courageuse !
    
    Je me redressai d’un bond et criai fermement.
    
    — Non, mais c’est bientôt fini de m’appeler "ma petite". Je ne suis pas votre petite ni celle de personne. Je suis un mec !
    
    Le vieil homme me regarda en souriant.
    
    — Tu ne te laisses pas abattre. C’est bien, c’est ce qu’il faut si tu veux survivre ici.
    
    Je ne savais plus quoi dire.
    
    — Tout à l’heure, tu m’as demandé ce que tu pouvais faire. Laisse-moi te l’expliquer. Tu es bien conscient que question virilité, tu ne fais pas vraiment l’affaire ?
    
    — Oui, je ne suis pas complètement idiot.
    
    — Je crois même que tu es intelligent. Mais à toi de le prouver.
    
    — Comment ça ?
    
    — La nature ne t’a pas très bien gâté en tant qu’homme...
    
    — Merci, c’est gentil de me dire ça. Je n’ai absolument pas besoin qu’on me remonte le moral en ce moment.
    
    — Laisse-moi finir ! Tu n’es pas grand, tu n’es pas musclé, enfin bref, tu n’es pas terrible en tant que mec. Par contre... tu pourrais faire une fille canon.
    
    — Une FILLE !
    
    — Oui, une fille. Retourne tes défauts ...
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