1. Atelier d'artisanat - 4


    Datte: 02/08/2021, Catégories: mélo, Auteur: Passerose, Source: Revebebe

    ... larmes sourit de bonheur quand elle me regarde enfin
    
    — C’est vrai, tu voudrais un enfant de moi ? Tu es sûr, chéri ? C’est merveilleux. Je t’aime. Oui, moi aussi, je voulais savoir si tu souhaitais faire un enfant. De préférence avec moi ! Gilles n’a jamais voulu. Je l’ai supplié pendant des années. Et toi tu en veux ! Oui ! quel bonheur. Alors, fini le stérilet. Combien d’enfants veux-tu ?
    — Du calme. Commençons par le premier. J’avais si peur que tu n’en veuilles pas ou que tu ne puisses pas en avoir.
    — Tu ne m’aurais plus aimée ?
    — Il est impossible de ne pas t’aimer. Cependant une chose m’étonne. Tu es en apparence une femme forte, décidée, impressionnante même : tu es apparue chez moi, tu as demandé et obtenu de moi ce que tu voulais : en 48 heures tu m’as apprivoisé, me voici à tes pieds, heureux comme je n’osais plus l’imaginer.
    — Et moi donc, si tu pouvais savoir à quel point je suis heureuse. Qu’est-ce qui t’étonne ?
    — Que tu n’aies pas réussi à obtenir de ton mari ce que tu désirais : un enfant.
    — Prends-moi sur tes genoux. Tu vas comprendre. J’avais dix-neuf ans quand Gilles m’a courtisée. J’étais jeune, fraîche, coquette, toujours bien soignée. Gilles m’a vue, a trouvé flatteur de se montrer à côté de moi. Il m’a exhibée, fier de se balader avec ce qu’il appelait sa « poupée Barbie . Maintenant j’ai bien compris quel rôle il me faisait jouer. J’étais son enseigne. Il avait eu la plus belle, donc il pourrait avoir qui il voudrait. Je riais de sa ...
    ... plaisanterie. J’aurais mieux fait de le prendre au sérieux.
    — Il t’a épousée, il devait t’aimer.
    — Je crois qu’il aimait surtout mon image. Selon lui, j’étais la plus belle, je devais le rester. À tout moment je devais être prête à lui faire honneur. Au bal, dans la rue, dans ses réunions, au théâtre toujours tirée à quatre épingles et avec ce chignon de danseuse rafraîchi mais toujours identique.
    — Reconnais qu’il te va à ravir. Il te donne un air si distingué.
    — Donc, rien ne devait casser ou altérer l’image et surtout pas une grossesse. Et comme j’étais amoureuse de lui, j’ai stupidement été soumise à ses souhaits. La moindre tentative de changer de coiffure ou de style me valait des cris. J’en ai souffert en silence.
    — S’il faut souffrir pour être belle, tu as dû souffrir énormément pour être aussi belle.
    — Vilain flatteur. Mesure les conséquences : j’attirais tous les crétins qui ne voient que l’aspect extérieur, un visage, une coiffure, une silhouette, un déhanchement, des fesses ou des seins ; mais je faisais peur aux braves garçons comme toi qui me trouvaient, je te cite « trop belle . Ce n’est pas juste.
    — Vas-tu te vêtir de sac et de cendre à l’avenir ? Barbie deviendra Carabosse ?
    — Et toi, Guignol, deviendras-tu tyrannique à ton tour ? Si ma coiffure change, si une bosse pousse sur mon ventre, m’aimeras-tu ou fuiras-tu ?
    — Merci d’être belle. Un changement de forme n’est pas une perte de beauté. À mes yeux tu seras toujours belle, car j’ai découvert une personne ...
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