1. Atelier d'artisanat - 4


    Datte: 02/08/2021, Catégories: mélo, Auteur: Passerose, Source: Revebebe

    ... descendre pour recevoir la récompense des vainqueurs, les applaudissements de circonstance et deux gros bisous sur les joues d’une cavalière qui me glissait en douce
    
    — Toi, tu ne perds rien pour attendre !
    
    Le jury par ses choix nous avait épargné d’être confrontés à Rose. Elle n’avait pas atteint le podium. Je n’en tirais ni satisfaction ni déception. Au premier rang elle applaudissait bruyamment notre modeste succès. Je ne voyais plus que Sylvie, souriante, bienveillante que ses amis et connaissances embrassaient chaleureusement. Elle tenait fermement ma main et j’en étais bêtement heureux.
    
    Et le photographe de service prit à cette occasion, pour le journal local, une photo magnifique au moment où nous nous regardions comblés de bonheur. Ceux qui y lurent le bonheur de la victoire se trompèrent, mais c’est leur affaire. Au travail quelques jours plus tard quelques collaborateurs qui venaient de lire le journal m’adressèrent des compliments, plus pour la beauté de cette compagne que pour le premier prix. Et comme on fait rarement l’unanimité, j’entendis que c’était la beauté de cette jeune femme qui avait été primée.
    
    Le bal terminé, il fallut rentrer.
    
    — Viens, monte chez moi. J’ai préparé un petit repas froid pour nous deux.
    — C’est bien gentil, mais demain
    — Chutt, viens. Demain c’est dimanche.
    
    Arrivés en haut de l’escalier, nous avons oublié le repas froid, le champagne, l’heure, tout.
    
    Ne me demandez ni les dessins du papier peint de la chambre, ni la ...
    ... forme du lit, ni la couleur des draps. Mon seul souvenir est celui d’une indescriptible nuit d’amour. Fantastique, magnifique, sublime, exténuante, incroyable. Rajoutez tous les superlatifs que vous connaissez, vous ne serez pas loin de la vérité. On peut imaginer les exigences sexuelles de deux corps jeunes laissés en friches pendant de longs mois, les élans amoureux de deux cœurs assoiffés d’affection et de compréhension, de deux âmes chargées d’espérances au moment où enfin deux êtres se rencontrent, se reconnaissent et s’unissent.
    
    Longtemps je m’étais demandé si l’addition de deux malheurs pouvait produire un bonheur, si l’alliance de deux vaincus pouvait conduire à une victoire ou si la réunion de deux cocus pouvait former un couple heureux. Invariablement je considérais que l’échec appelait l’échec, que chacune de mes conquêtes féminines était condamnée à devenir une Rose pleine d’épines entre mes doigts. Et je me voyais mal recommencer, pour un tel résultat, la somme d’efforts, de précautions amoureuses, de délicatesse de chaque instant nécessaire pour toucher un cœur. Je redoutais d’avoir à redécouvrir un autre corps, à faire découvrir le mien sans effaroucher, sans choquer. Tout ce long parcours du chemin de l’amour, rempli d’obstacles, attaqué avec ardeur la première fois, avec toute la fougue de la jeunesse curieuse et inexpérimentée, ne serait-il pas trop pénible si le résultat était incertain ou trop certainement voué à la déconfiture, aux affres d’un nouveau ...
«12...111213...27»