1. Atelier d'artisanat - 4


    Datte: 02/08/2021, Catégories: mélo, Auteur: Passerose, Source: Revebebe

    ... est notre bal. Je ne veux danser qu’avec toi et je t’interdis de danser avec une autre femme, bien compris. Jure et embrasse-moi sans éclater mon chignon.
    
    Qu’a-t-elle rajouté : je ne sais, mais quand je la rejoins, je la trouve encore plus belle, encore plus naturellement troublante, à la fois désireuse de plaire et sûre de son charme. Elle doit avoir environ deux ans de plus que moi, son autorité naturelle m’en impose, et son regard me chavire. C’est comme si je changeais de catégorie, je passe d’une jeune femme encore insouciante à une femme. C’est indéfinissable de se sentir ainsi désiré par cette femme sur laquelle je n’aurais pas osé poser mon regard. Quelle allure, quel port. Et c’est bien moi qu’elle savoure dans ce nouveau baiser. Et c’est bien elle que j’enlace et que j’embrasse.
    
    — Il faut que je t’explique encore ceci : Gilles dépité de mon refus de le reprendre s’est fâché et m’a lancé sa réservation. Nous aurons donc deux places réservées à la table quatorze. Si je pense devoir quelque chose à mon ex, c’est de m’avoir rappelé l’existence de ce bal : tout mon bonheur sera d’y danser avec toi !
    
    Nous ne sommes pas les premiers, le bal est commencé. Sylvie bat campagne, décide de trouver nos places pendant que je dois attendre à l’entrée. Je regarde la piste. À quelques pas de moi, un couple semble oublier le monde qui l’entoure, bouches soudées, bras de la femme étreignant le cou de l’homme, ventres plaqués l’un contre l’autre. Je reconnais en premier la ...
    ... robe, je l’ai vue aujourd’hui. Cette femme amoureusement collée à son cavalier, c’est celle qui m’a juré il y a quelques heures seulement que je serais désormais le seul homme de sa vie. Sylvie me secoue, suit mon regard, ouvre de grands yeux et me tire vers notre table.
    
    Un couple très jeune partage cette table avec nous. Nous nous saluons et les voyons disparaître dans le flot du slow. Sylvie ne me laisse pas le temps de penser à ce que je viens de voir. Le remède à toute mélancolie, elle le connaît. Nous allons danser et elle va affirmer sa présence, par son sourire, son parfum, sa chaleur. Elle me tient, me guide, me met en appétit, le rythme revient. C’est un réveil lent, progressif. De mené je redeviens meneur. Nous évitons les embrassades passionnées, nous sommes ici deux amis amateurs de danse. Parfois le dialogue se déroule uniquement par des regards plus que passionnés et nous faisons des efforts pour ne penser qu’à évoluer avec grâce. Je me sens bien.
    
    — J’adore danser avec toi.
    — Merci, moi aussi.
    
    On se sourit, on est heureux. On s’entend de mieux en mieux. À la pause, Sylvie s’inquiète :
    
    — Tu as vu Rose ? Que penses-tu maintenant de ses déclarations de l’après-midi ?
    — Elle se moquait de moi et agissait sur commande. Elle s’est vite consolée. Je devais être son seul amour, elle allait m’attendre !
    — Tu as bien fait d’être prudent. Tu ne le regrettes pas ?
    — Tu es là et ça me suffit. Viens retournons en piste.
    
    Le temps du dépit amoureux est passé, je ...
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