1. Quand on touche le fond


    Datte: 21/11/2020, Catégories: fh, amour, cérébral, consoler, Auteur: Laetitia

    ... d’Alice était là. Il avait fait demi-tour. Il était revenu le lendemain, la voiture n’était plus là. Elle devait être absente. Il aurait pu rentrer. Il avait vérifié et le double des clés se trouvait toujours caché dans l’appentis du jardin. Il ne l’avait pas fait. Il était revenu ici.
    
    Il lui dit enfin, qu’il n’y avait pas eu un jour, pas une nuit, pas une heure où il n’avait pas pensé à elle.
    
    Alice sanglotait. Une larme coula aussi sur la joue de Fred. Il lui dit :
    
    — Viens t’asseoir à côté à de moi.
    
    Elle le rejoignit sur le canapé. Se serra contre lui. Il passa son bras autour de ses épaules. Elle posa son visage sur son épaule à lui. Le toucher, le sentir, le respirer… Enfin !
    
    Ils restèrent un très long moment ensemble assis, sans rien dire. Les derniers sanglots et reniflements d’Alice cessèrent. La nuit était tombée. Ils restaient toujours là, serrés dans la pénombre.
    
    Puis Fred reprit la parole :
    
    — Tu sais, je t’ai pardonné, presque complètement jusqu’à tout à l’heure. Complètement maintenant. Après, je n’ai pas oublié. Ça, c’est impossible.
    — Mais je ne veux pas que tu oublies ! Moi non plus je n’oublierai jamais ! Je veux que ça reste ancré dans ton esprit. Que tu puisses te rendre compte que tu as récupéré ta femme qui t’aime. Ce maudit samedi doit rester gravé dans notre esprit. Je veux que tu saches que tout ça n’aura duré que quelques heures. Qu’avant, je t’aimais, qu’après je crevais d’amour pour toi et que même pendant que je faisais… ça, je t’ai aimé. N’oublie jamais, mon chéri.
    
    Leurs lèvres se rapprochèrent et ils échangèrent un baiser.
    
    — Viens, lui dit-il en la prenant pas la main et en l’entraînant vers la chambre.
    
    Ils s’embrassaient debout devant le lit. Elle sur la pointe des pieds lui tenait le visage à deux mains… Ils se redécouvraient. Ils voulaient le faire durer, ce baiser, en savourer chaque seconde.
    
    Elle, plus personne n’avait touché son corps depuis six mois. Il lui était arrivé de se caresser seule la nuit dans son lit. Ça finissait systématiquement par de mauvais orgasmes.
    
    Lui, un soir, il avait rencontré une femme dans un bar, une femme cassée par la vie aussi. Il était allé chez elle. Ça n’avait pas été terrible. C’était la seule fois, le reste du temps, c’était les plaisirs solitaires. À ces occasions-là, c’était toujours Alice qui occupait ses pensées.
    
    Progressivement, leurs mains descendirent sur le corps de l’autre. Il n’était pas question d’arrêter le baiser, juste de toucher l’autre. Fred sentait la peau d’Alice frissonner au contact de ses doigts. Il sentait sa femme vibrer sous ses caresses. « Sa femme » ! Il avait dit « Sa femme ». Elle était redevenue « Sa femme » après ces longs mois de séparation. « Sa femme ! » Il avait envie de le crier :
    
    — SA FEMME !
    
    Les vêtements tombèrent les uns après les autres. Tout se faisait doucement. Ils retrouvaient les gestes d’avant, qu’ils faisaient machinalement, instinctivement. Il mesurait pleinement le plaisir de serrer sa ...