1. Quand on touche le fond


    Datte: 21/11/2020, Catégories: fh, amour, cérébral, consoler, Auteur: Laetitia

    ... doses d’antidépresseurs et de somnifères. Au moins, elle s’écroulait régulièrement vers deux ou trois heures du matin, sur le canapé, avec son plateau-repas devant elle, la télé qui marchait dans le vide.
    
    Six mois… Elle avait eu envie d’en finir le jour où tout s’était passé. Le tube de somnifère était vide. Quel dommage ! Depuis plusieurs semaines, ce genre de pensées lui revenait de plus en plus régulièrement.
    
    11 mai, 20 heures :
    
    C’était un rituel, tous les jours à 20 heures, Alice composait le numéro de téléphone de Fred. Elle savait depuis longtemps que ça ne décrocherait pas. Comme hier, comme avant-hier, elle aurait le fameux message qui lui annonçait que le numéro qu’elle avait composé ne…
    
    Elle appelait quand même, au cas où. Comme tous les soirs donc elle compose le numéro. Rien ! Elle repose le téléphone, lasse.
    
    Aujourd’hui c’était leur anniversaire de mariage. Sa décision, elle la prit en trente secondes.
    
    Elle qui d’habitude ne faisait plus que se traîner à travers la maison, se leva d’une manière décidée. Elle alla chercher la bouteille de whisky, celle de Fred, s’en servit un plein verre à ras bord.
    
    Elle vida les tubes de comprimés sur la table basse : antidépresseurs, gélules roses, il y en a 18, elle les compta et les aligna sur une ligne bien droite. Somnifères, gélules blanches : il y en a 21. Pas très symétrique tout ça. Tant pis, peu importe.
    
    Elle n’avait plus envie, plus la force de continuer.
    
    Elle prit une première poignée de comprimés dans sa main, des roses et des blancs. Elle porta le verre à ses lèvres, en but une rasade. Ça lui arracha la bouche, la fit tousser. Elle en recracha la majeure partie. Ça eut le mérite de lui mettre les idées en place.
    
    En toussant, elle eut comme un flash. Quand on coule et qu’on touche le fond, il y a deux solutions. Soit on se couche et on reste au fond, soit on pousse fort avec les pieds et on remonte. Elle balaya d’un revers de la main, l’ensemble des gélules.
    
    Elle allait tout faire pour remonter. Elle allait appuyer fort avec ses pieds sur le fond. Elle voulait reprendre sa respiration, arrêter cette lente asphyxie. Pour ça, il n’y avait qu’une solution. Le retrouver. Retrouver Fred, où qu’il soit.
    
    Oui, mais comment ? Elle avait essayé, n’explorant que des impasses.
    
    Un professionnel, bien sûr ! Un détective privé. Eux sauraient où et comment chercher. On laisse toujours des traces, on ne peut pas disparaître comme ça.
    
    Sur internet, il y avait des dizaines de cabinets de détectives. Lequel choisir, lesquels étaient sérieux, lesquels étaient des charlatans et essaieraient de l’arnaquer ? Une femme éplorée, ça pouvait constituer une proie facile pour ce genre de types.
    
    Auprès de qui prendre conseil ? Elle ne fréquentait plus personne. Toujours en explorant la toile, elle tomba sur un site, où un homme témoignait qu’un détective avait résolu son problème, qu’il avait été efficace, honnête.
    
    Ne trouvant rien de mieux, elle se décida pour lui. Le ...
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