1. Le bonheur de Sophie


    Datte: 02/11/2026, Catégories: #historique, ffh, forêt, campagne, soubrette, Auteur: Amateur de Blues, Source: Revebebe

    ... chaudronniers. Puis ils empruntèrent un mauvais chemin, plus étroit qui parvenait à l’orée du bois devant une petite maison de terre, au toit chaumé. C’est là que vivaient François et sa famille. Madame de Ségur ne voulut pas que le palefrenier l’attende, à l’étonnement de celui-ci. Elle l’assura que le bûcheron avait une carriole et qu’il la raccompagnerait.
    
    Comme elle allait frapper à la porte, celle-ci s’ouvrit toute seule et elle se trouva face à une femme de son âge, ce à quoi elle ne s’attendait pas du tout.
    
    — Excusez-moi, dit Sophie, je cherche François.
    — Quel honneur, comtesse ! répondit la femme en faisant une petite révérence maladroite. J’suis Marie, la femme de François. Y m’a annoncé vot’visite. Vous pouvez entrer, la maison est aussi prop’ que vot’ château.
    — Je ne sais pas si…
    — Si, si, entrez. François m’a dit de vous accueillir, alors si vous repartez, j’vais avoir droit à une danse, moi.
    
    Sophie de Ségur fit quelques pas timides à l’intérieur de la masure. Son cœur battait à toute vitesse, car elle se sentait prise au piège. Si le cabriolet avait été encore là, il est sûr qu’elle aurait filé. Dans la pièce où elles se retrouvèrent toutes les deux, il y avait un gros fourneau, une solide table en bois et quelques chaises malingres. Marie la fit asseoir sur une de ces chaises et proposa de la tisane que la comtesse accepta, car elle ne savait pas que faire d’autre.
    
    La femme de François prépara la tisane dans un grand pot en grès et revint ...
    ... s’asseoir face à sa propriétaire.
    
    — Alors ? dit-elle avec un clin d’œil, vous y avez goûté et vous y en r’demandez, hein ?
    — Pardon ?
    — Mon François, vous en voulez encore et j’comprends ça.
    — Je ne suis pas sûre de vous suivre, madame.
    — Oh, j’suis pas une madame, moi, mais je sais tout parce que mon François, y m’a raconté comment vous avez forniqué tous les deux, avec tous les détails. Vous êtes une chaude, il a dit et il a eu ben du plaisir. Alors vous r’venez pour en reprendre une dose, c’est normal.
    — Je ne pensais pas… c’est très gênant, cela devait rester un secret entre nous.
    — Mais avec moi, le François, il a pas d’secrets. Vous inquiétez pas, comtesse, c’est pas moi qui irais vous trahir. Je suis ben trop fière de mon homme.
    — Vous… vous n’êtes pas jalouse ?
    — Avec une autre femme, je dis pas. Je pourrais lui arracher les yeux. Mais vous, la belle dame du château, c’est pas pareil. C’est un honneur et une fierté que vous ayez pris mon homme dans vot’lit.
    
    La conversation prenait un tour inattendu qui déroutait la comtesse. Elle tenta de détourner la conversation.
    
    — Vous avez des enfants, je crois ? Je vous ai apporté des fruits pour eux, des oranges et de curieux fruits que Charles adore, des bananes, je crois que c’est leur nom.
    — Les filles, elles ne nous dérangeront pas, elles passent la journée chez ma sœur. Des bananes, hein ? Vous avez vu la forme de ce truc ? Ça fait penser au machin d’mon François, non ? Il en a une belle, mon homme. Quand je me ...
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