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Le bonheur de Sophie
Datte: 02/11/2026, Catégories: #historique, ffh, forêt, campagne, soubrette, Auteur: Amateur de Blues, Source: Revebebe
... souliers. — Mais je ne crois pas que ma reconnaissance suffise à vous montrer à quel point je vous suis redevable, mon bon François. Je veux faire plus et comme je ne sais pas ce dont vous avez besoin, je voulais que vous me disiez vos souhaits. Demandez-moi ce que vous voulez, François et vous l’obtiendrez. — J’ne crois pas mériter grand-chose, m’dame la comtesse. Ce n’était rien. — J’insiste, François. Je veux vous donner ce que vous demanderez. C’est important pour moi, vous savez. — Ce que je souhaite vraiment ? demanda-t-il sans lever les yeux. — Exactement. N’ayez pas peur de demander beaucoup, ce ne sera jamais trop. — Eh ben, m’dame la comtesse, dit-il en levant cette fois les yeux et en croisant le regard de la dame. S’il y a une chose que j’désire secrètement et que j’rêve d’obtenir, c’est de coucher avec vous. — Pardon ? — Excusez mon vocabulaire, m’dame la comtesse, mais j’ai pas fait d’étude. Je dis juste que mon rêve c’est de vous toucher, de vous prendre, de vous foutre, de vous avoir à moi pour un moment, quoi. — C’est que… dit Madame de Ségur qui était soudain toute blanche. Mais… je veux dire… Je pensais à une somme d’argent, ou à des terres. Vous n’avez pas besoin d’argent, François ? — On a toujours besoin d’argent, M’dame la comtesse. Mais l’argent, vous allez m’le donner, pis j’vais le dépenser, pis j’aurais encore besoin d’argent. Tandis que si vous voulez bien être ma p’tite maîtresse, même rien qu’une fois, j’en aurais le souvenir pour ...
... ma vie entière. J’ai jamais oublié quand on a pris à l’abordage une goélette anglaise et pourtant j’avais pas vingt ans. Vous prendre à l’abordage, avec tout le respect que je vous dois, ça sera pareil parce que des belles femmes comme vous, toute blanche et toute douce, toute parfumée, j’aurai plus jamais l’occasion d’en toucher une, ça c’est sûr. Mais si ma demande est inconvenante ou je n’sais quoi, faut pas vous inquiéter, j’repars sans rien. On a l’habitude, nous autres et si vot’gamin retombe à l’eau, je retournerai le sauver comme si c’était le mien. Madame de Ségur s’était levée, comme mue par un ressort et elle se tenait bien droite, face au bûcheron qui la dominait d’une tête. Elle était livide et respirait difficilement, comme si elle manquait d’air. — Je ne… hoquetait-elle, je ne comprends pas ce que vous me dites, François. Cet intérêt pour ma personne… d’où vient-il ? Je ne vaux pas tout l’argent que vous auriez pu recevoir. Vous… vous vous faites des idées fausses sur ma personne… Je ne suis pas si intéressante que cela. Ce sont des artifices de femme qui vous induisent en erreur. Mon mari, qui peut m’avoir quand il le désire, ne m’honore pas si souvent. Il préfère être à Paris avec de jeunes danseuses que d’assumer ici son devoir conjugal. Et vous, vous avez une gentille femme, n’est-ce pas, qui s’occupe de vous. Elle… elle ne vous donne pas de plaisir, votre femme, François ? — Si fait, elle m’en donne. Et c’est même une vraie chaude quand elle est ...