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Le bonheur de Sophie
Datte: 02/11/2026, Catégories: #historique, ffh, forêt, campagne, soubrette, Auteur: Amateur de Blues, Source: Revebebe
... aimé et qu’elle aimait encore moins maintenant qu’elle savait ce qu’était l’amour, ne se décidait pas à repartir à Paris. Aussi, elle devait toujours inventer de nouveaux mensonges pour parvenir à voir ses amis. Parfois, elle partait à cheval pour une promenade solitaire. En fait, elle rejoignait François là où il travaillait et il la baisait debout, appuyée contre un arbre. Quand elle entrait dans les écuries et qu’elle voyait la vulve de sa jument, toujours elle rougissait. Le bûcheron continuait à l’appeler « ma petite jument » et elle adorait ça. D’autres fois, elle demandait à Marie de venir dans ses appartements « pour des travaux d’aiguille délicats », disait-elle. Cela avait vexé la vieille Valentine qui avait cette charge jusque-là, mais cela permettait aux deux amies de se glisser sous un drap et de se faire mille caresses toutes plus douces et plus osées les unes que les autres. Pour se retrouver à trois, c’était plus compliqué. Il y avait le mensonge pour le mari, les gosses à caser, les voisins à endormir par une histoire, bref, cela arriva très rarement. Et puis quelques mois plus tard, ce fut la fin. Un château, ses dépendances et son personnel est un petit monde qui vit en vase clos. Rien ne passe jamais inaperçu. Quand on aime bien les gens, on ne dit rien, mais il y a toujours une mauvaise langue qui a besoin d’une vengeance mesquine et qui dit ce qu’il a vu. Ce fut Valentine qui alla trouver le comte pour lui parler des nouvelles habitudes de sa ...
... femme. Le comte avait remarqué un certain changement chez son épouse. Cette femme intelligente, qui voyait souvent clair dans ses pensées et qui savait tourner un reproche, n’avait plus l’air de s’intéresser à ses faits et gestes. Elle était souvent absente pour des raisons qu’il comprenait mal et lorsqu’ils passaient un moment ensemble, il avait l’impression d’être transparent. C’est tout juste s’il obtenait des réponses à ses questions. Aussi, quand Valentine lui eut exposé ses soupçons, il comprit ce qui était en train de se passer. Il n’alla pas voir sa femme. Faire une scène, l’accuser, la battre, tout cela n’avait aucun intérêt. Le comte tenait surtout à sa réputation. Parmi ses gens, on devait savoir qu’il ne se laissait pas insulter impunément. Il songea un instant à envoyer quelques hommes de main pour casser les bras et les jambes à ce bûcheron poilu comme un singe. Rien que d’y penser lui donnait la chair de poule. Comment Sophie avait-elle pu ? Enfin, ce n’était pas son problème. Son problème était ce qu’on dirait dans le peuple s’il faisait estropier ou tuer un bûcheron. La révolution était loin, mais avec les idées socialistes qui traînaient maintenant un peu partout… Il voulait surtout pouvoir retourner voir la petite Jeanne à Paris sans risquer de trouver son château à feu et à sang à son retour. Il opta donc pour un renvoi discret du bûcheron et de sa famille. Le lendemain, son intendant frappait chez François et lui demandait d’avoir vidé les lieux dans les ...