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LA GARDIENNE DU FJORD
Datte: 29/10/2026, Catégories: #fantastique, #sorcellerie, #fantasy, #conte, #mythologie, #initiatique, Auteur: Laetitia, Source: Revebebe
... S’unir jusqu’à devenir indistinctes. Amante. Démone. Double. Au sommet de l’étreinte, Thora hurla un nom qu’elle n’avait jamais entendu, un nom ancien, oublié par les hommes : « Ynganaskadi. » (Celle-qui-se-divise-en-déesse-et-prêtresse.) Et dans ce cri, une lumière éclata. Ærik, affalé contre la pierre, vit le monde se replier. Le fjord s’effondra en lui-même, la brume se dissipa. Il était seul. Nus, glacé, abandonné. Thora avait disparu. Mais quelque part, entre les mondes, Skadi et elle ne faisaient plus qu’une seule entité. Une puissance nouvelle. Une déesse incarnée dans une chair offerte. Les villageois l’ont retrouvé nu, au pied du rocher. Ærik, le guerrier. Ærik, le marqué. Il n’était plus qu’un homme. Ses visions l’avaient quitté. Sa force s’était vidée entre les cuisses de deux déesses. Il errait comme un loup sans meute, affamé, enragé de solitude. Les gens du village le fuyaient. On disait que ses yeux ne voyaient plus le monde, mais des flammes et des ombres. Une nuit, Thora et Skadi sont revenues. Pas par pitié. Pas pour l’aimer à nouveau, mais pour terminer le rituel. Elles vinrent à lui comme des amantes. Skadi portait une robe tissée de ténèbres, qui laissait entrevoir sa peau de neige et de runes. Thora, nue, ne portait que des chaînes d’or autour de ses poignets. Elles sentaient la rose, le sang, et les odeurs de la forêt humide. Ærik tomba à genoux. — Pardonnez-moi… je n’étais qu’un homme. Thora s’approcha. ...
... Elle le prit dans ses bras. Doucement. Comme avant. Il sentit ses seins contre son torse, sa bouche près de son oreille. — Je sais, souffla-t-elle. Et tu as été un bon instrument. Puis elle lui mordit l’oreille jusqu’au sang. Skadi, derrière lui, glissa ses doigts entre ses jambes, caressant lentement. Il gémit, les yeux mi-clos, perdu entre honte et excitation. Son sexe se dressa, docile. Elles le firent s’allonger sur l’autel de pierre, sous la lune rouge. Le même où jadis, elles s’étaient unies. Thora le chevaucha. Lentement. Langoureusement. Skadi tenait ses bras au-dessus de sa tête. Elle murmurait des mots anciens, des runes de rupture. — Nous allons te faire jouir à mort, Ærik, dit Skadi. Ton dernier souffle sera de plaisir. — Et de douleur, ajouta Thora. Car tu dois ouvrir la dernière porte. Leur va-et-vient devint plus rapide. Ærik cria, jouit, hurla. Mais elles continuaient. Encore. Encore. Jusqu’à ce que son corps ne soit plus qu’un tambour sur lequel elles invoquaient la fin de l’homme. Quand il n’eut plus de sperme, elles prirent son sang. — Tu es le dernier vestige de l’Ancien Monde, tu dois mourir Ærik, non par haine, mais parce que tu es devenu inutile. Ton rôle est terminé. Tu es un déchet sacré. Skadi enfonça ses ongles dans son torse. Thora ouvrit ses veines de sa bouche, lentement, doucement. Il pleura. Mais de plaisir. Quand il mourut, il souriait. Ainsi partit Ærik Armodsson le guerrier viking. À suivre (peut-être)