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LA GARDIENNE DU FJORD
Datte: 29/10/2026, Catégories: #fantastique, #sorcellerie, #fantasy, #conte, #mythologie, #initiatique, Auteur: Laetitia, Source: Revebebe
... en noir. Ærik tendit la main vers sa gorge. Elle le laissa faire et ferma les yeux, comme une prêtresse au bord du sacrifice. Et quelque chose en lui se fissura. Il la jeta au sol. La pénétra sans douceur. La prit comme une bête même. Mais elle ne cria pas. Il voulait la dominer. Elle gémit. Et dans son râle, Ærik entendit autre chose. Des voix. Des mots qu’il ne connaissait pas. Elle le repoussa des deux mains et des genoux qu’elle plaça contre son ventre. Il se retrouva allongé à côté d’elle. Elle le plaqua le dos au sol, enjamba son corps et le chevaucha. Ærik voulut prendre un de ses seins. Elle le repoussa d’un geste ample et posa ses mains à plat sur son torse pour le maintenir plaqué au sol. Son bassin accéléra le mouvement. Il accompagnait le mouvement. Il voulait jouir, vite, mais son corps devenait lent, ses muscles engourdis, son plaisir trop fort, trop intense, incontrôlable. Elle le serrait. L’appelait par son nom. Non… par un autre nom, qu’il ne connaissait pas. Un nom ancien. Vieux comme la glace. Quand il jouit, il hurla. Pas de plaisir. De terreur, parce qu’il sentit qu’en se vidant de sa semence en elle, il perdait quelque chose, comme si elle lui volait son feu, son nom, sa liberté. Il perdit conscience. Quand il se réveilla, Thora était debout. Ærik était nu, allongé au sol, marqué de runes sur le torse et l’intérieur des cuisses. Il ne se souvenait de rien après l’orgasme, juste de cette sensation de vide. Et un goût de ...
... sel dans la bouche. Thora se pencha vers lui. Lui caressa les lèvres. — Maintenant, tu portes la marque du givre. — Qu’est-ce que tu m’as fait… ? Elle sourit. — Tu m’as possédée. Et maintenant, tu m’appartiens. Ærik, ce jour-là, ne conquit rien. Il fut conquis. Il ramena Thora en Norvège, non comme une prisonnière, un trophée, mais comme un présent. oooOOooo Cinq ans plus tard Le rocher du fjord de Breiorgvegr, là où vit le clan Hrafn, ruisselait sous une pluie fine. Un brouillard épais dansait autour des pierres, comme une respiration invisible. Ce lieu n’était plus tout à fait Midgard, presque déjà la Terre de Glace. Il appartenait à une frontière. Celle des songes, des dieux, des corps. Ærik avait quitté le village sans un mot, poussé par un rêve récurrent, une voix, douce et grave, qui l’appelait depuis les rochers. C’était toujours la même scène. Une femme nue, debout sur un promontoire, des cheveux aussi blancs que la neige de Jotunheim, une peau pâle, comme nacrée. Son regard, lorsqu’elle se tournait vers lui, n’était ni humain ni divin. Ce visage l’obsédait. Il s’y noyait chaque nuit. Ce soir-là, il suivit l’appel. Il grimpa les pentes humides, ses bottes s’enfonçant dans la mousse. Le vent portait une odeur d’écorce brûlée et de sel. Il entendit une mélopée, grave, ancienne. Ce n’était pas une chanson, mais une incantation. Lorsqu’il atteignit le sommet, elle était là. Nue, comme dans ses rêves. Mais elle était réelle. Et belle ...