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LA GARDIENNE DU FJORD
Datte: 29/10/2026, Catégories: #fantastique, #sorcellerie, #fantasy, #conte, #mythologie, #initiatique, Auteur: Laetitia, Source: Revebebe
... restait d’humain ? Il cria. Une rune éclata sur sa poitrine. Laguz, l’eau. Kenaz, le feu. Une explosion de lumière. Son corps se tendit, se transforma. Il tomba à genoux, pris de convulsions. Skadi sourit. — C’est ce que je voulais. Thora s’agenouilla près de lui, caressa ses cheveux trempés de sueur. — Tu n’es pas ici pour me reprendre. Tu es ici pour naître vraiment. Skadi s’agenouilla à son tour. Ses doigts glissèrent sur la rune de sa poitrine. — Ce soir, Ærik, tu vas m’avoir à nouveau. Mais pas comme avant. Ce sera un rite. Une conjonction. Toi, moi, et Thora. Thora s’approcha, et posa ses lèvres sur celles d’Ærik. Il gémit, partagé entre la douleur et le désir. Puis Skadi le prit aussi, d’une main ferme, d’une caresse grave. Leurs mains, leurs bouches, leurs corps, tout se confondait. Il n’y avait plus de haine. Plus de jalousie. Il y avait le feu, l’eau, et le sel du monde. Et dans leur union, ce rituel charnel et mystique à trois, cette étreinte sacrée entre la chair et les dieux, quelque chose de plus grand naquit, une prophétie. Le souffle d’Ærik s’éteignait, doucement, entre les cuisses de Thora, puis de Skadi. Il venait de connaître une extase presque divine. Son corps tremblait, vidé, sanctifié. Et pourtant, en ouvrant les yeux, il ne vit aucun amour dans leurs regards. Ni dans celui de Skadi. Ni dans celui de Thora. Seulement… un calme glacial. — Tu as bien servi, Ærik, dit Skadi. Mieux que je n’espérais. Ton sang a ouvert ...
... la rune. Ta semence a déclenché le sel sacré. Mais maintenant… ton rôle est terminé. Ærik essaya de parler, mais sa gorge ne produisit aucun son. Thora, nue, rayonnante, le regarda sans haine. — Tu m’as libérée sans le vouloir, Ærik. Toute ma vie, j’ai cru que je n’étais née que pour suivre, toi ou un autre. Ce fut toi, j’ai cru que je devais t’aimer, te servir, te porter. Mais ce que je suis… ne t’a jamais appartenu. Elle se tourna alors vers Skadi, et s’agenouilla à ses pieds. Lentement, humblement. Comme une prêtresse devant sa déesse. — Je suis à toi, lui dit-elle en lui embrassant la cuisse. Skadi posa sa main sur sa tête, et traça avec ses ongles un cercle sur son front. Puis elle se déshabilla, ses vêtements de brume glissèrent à terre comme de la vapeur. — Dis-le. — Je suis tienne, Skadi. Corps. Âme. Magie. — Et si je te dis de brûler ce monde ? — Je le ferai. — Et si je te dis de m’aimer jusqu’à ce que tu ne sois plus qu’un souffle en moi ? — Je t’aimerai même après la mort. Skadi la releva et l’embrassa. Ce ne fut pas un baiser tendre. C’était une absorption. Une fusion. Leurs langues se lièrent comme des serpents. Leurs corps se touchèrent de nouveau. L’union fut lente, profonde, presque cérémonielle. Skadi s’agenouilla, et offrit à Thora sa bouche, sa gorge, son ventre, comme si c’était elle, la déesse, et qu’elle se mettait en offrande. Et Thora comprit : Skadi ne voulait pas seulement la posséder. Elle voulait être en elle. ...