1. LA GARDIENNE DU FJORD


    Datte: 29/10/2026, Catégories: #fantastique, #sorcellerie, #fantasy, #conte, #mythologie, #initiatique, Auteur: Laetitia, Source: Revebebe

    ... derrière elle, sans bruit. Nue. Son corps semblait couvert de brume et de cendres, comme né d’un volcan. Elle n’avait pas d’âge.
    
    Elle lui parla dans le langage des morts :
    
    — Il ne t’appartient plus. Tu arrives trop tard.
    
    Ses yeux n’avaient aucune pitié.
    
    — Tu veux me combattre, Thora ? Ou tu veux comprendre pourquoi il m’a choisie ?
    — Il m’était promis.
    — Non. Il t’était utile. Tu as cru le vouloir parce qu’il était à ta portée. C’est moi qui te l’ai envoyé. C’était ta destinée. Mais ce que je suis… tu le désires aussi. Tu ne l’as jamais dit. Mais ton corps le sait. Ton esprit va le découvrir à son tour.
    
    Skadi s’approcha lentement. Elle effleura la joue de Thora du dos des doigts, laissant une trace humide, comme de la rosée froide. Thora frissonna, mais ne recula pas.
    
    — Tu me détestes… murmura-t-elle.
    — Non. Je t’aime et je t’attendais. Lui n’était qu’un moyen pour t’amener à moi.
    
    Et sans un mot de plus, Skadi posa sa bouche sur la sienne.
    
    Le baiser fut d’abord dur, presque cruel. Puis il se fit plus lent, plus profond. La langue de Skadi portait le goût des herbes amères, des racines oubliées, des enfers glacés. Une mémoire coulait entre leurs lèvres. Thora vit un instant son propre reflet dans un autre monde, une prêtresse, dans une autre vie, agenouillée devant une déesse de glace.
    
    Les mains de Skadi glissèrent sous la tunique mouillée. Elles trouvèrent la poitrine tendue de Thora, ses hanches fermes, sa chaleur sous la pluie. Thora gémit ...
    ... contre sa bouche, sans honte. Elle ne luttait plus.
    
    Elles s’allongèrent ensemble sur la pierre couverte de mousse. Les jambes emmêlées, les doigts en quête. Skadi traça sur le ventre de Thora des runes d’amour interdit, Gebo, Eiwaz, Berkano, symboles de don, d’initiation, de fertilité sacrée.
    
    Chaque baiser, chaque caresse, ouvrait un peu plus l’esprit de Thora. Elle n’était plus une femme libre. Elle était une offrande vivante. La prêtresse d’un rituel oublié.
    
    Et lorsque Skadi s’allongea entre ses cuisses, et posa sa bouche sur son sexe, le plaisir fut si lent, si large, qu’il devint un chant. Le chant du Niflheim, monde de glace et de brume. Et dans ce chant, Thora perdit son nom.
    
    Elle n’était plus jalouse. Elle n’était plus en colère. Elle devint alliée, amante et initiée de Skadi. Elle lui appartenait.
    
    À elle. À la magie. À l’inévitable.
    
    Lorsque Thora rouvrit les yeux, la pluie s’était arrêtée. Le ciel ne portait plus d’étoiles. Seule une clarté pâle, irréelle, baignait le rocher. Autour d’elle, la brume formait un cercle parfait, comme une barrière entre les mondes.
    
    Skadi l’observait en silence. Allongée sur la pierre, elle semblait une créature sculptée dans le givre. Sa poitrine se soulevait lentement, paisiblement. Un sourire rare effleurait ses lèvres.
    
    Thora, nue, sentait encore la chaleur de la langue de Skadi entre ses jambes, la trace de ses doigts en elle. Mais plus encore, elle sentait… un mouvement en elle. Quelque chose de profond, de ...
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