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Perdue dans les brouillards de l’automne
Datte: 26/10/2026, Catégories: #fantastique, Auteur: Calpurnia, Source: Revebebe
... acolytes est entre vos mains : il vous suffit d’accomplir le travail que je vais vous demander. Tenez, pour vous prouver que je ne mens pas. Elle claque ses doigts gantés et, aussitôt, les photos de Bill et Bob, inconscients dans leur tube d’hibernation, mais aux corps intacts, apparaissent sur l’écran d’un projecteur de diapositives. Je me dis que cela ne prouve rien, en tout cas pas son intention de les libérer si je fais ce qu’elle me demandera. — Dites toujours. — Voyez-vous, chère Calpurnia, je vous ai trouvée dans un méandre du temps et j’aime beaucoup la poésie que vous écrivez. Elle est pleine de désir, de fantaisie, et parfois aussi sombre que l’est mon âme. En résumé, elle me convient parfaitement. — Merci du compliment. — Je VEUX que vous en écriviez spécialement pour moi. Inspirez-vous de mon physique, de ce que vous savez de moi, peu importe, sinon inventez-le. L’argent ne me suffit plus : j’exige des vers à ma mesure, avec suffisamment de hauteur pour conforter mon prestige. Il me faut des mots qui m’insufflent de l’énergie afin d’aller chaque jour plus loin dans le crime que j’organise. Finalement, me saisir du pouvoir partout dans le monde. Elle se met à rire, d’un rire détestable. — Vous ne vous prenez pas pour de la… enfin, pour n’importe qui. — En effet, je ne suis pas n’importe qui, dit-elle en retrouvant soudain son sérieux. Attention, ne vous permettez pas de l’insulter, sinon vous ne reverrez pas vos amis. Pensez-vous être à la hauteur ...
... de mon attente ? Il me suffira d’un petit recueil. Je vous laisserai tranquille pour écrire, dans la cellule que vous aviez tout à l’heure : le confort n’est pas ce qu’il y a de mieux pour trouver l’inspiration, n’est-ce pas ? Vous aurez tout ce qu’il faut à disposition, notamment une machine à écrire – désolée, pas d’ordinateur : la bureautique et le réseau Internet n’existent pas encore à notre époque – et même un téléphone, mais j’écouterai toutes vos conversations pour que vous n’appeliez pas la police de l’espace. Vous pourrez ainsi rassurer votre mère. Mais ne vous étonnez pas qu’elle soit un peu surprise de vous entendre : à cette époque, vous appreniez à lire dans ce qu’on appelait encore la onzième. Vous ânonniez beaucoup sur votre livre de lecture. D’après mes informations, vous avez même redoublé cette classe, parce que vous bavardiez souvent au lieu d’écouter votre maîtresse, et que vous vous retrouviez trop souvent punie, au coin. Cela ne vous a pas empêchée de réussir vos études supérieures. Vous voyez, je me suis renseignée sur vous. Je suis comme une araignée : je tisse ma toile autour des personnes qui m’intéressent. — Et si vous avez ces poèmes, vous me permettrez de partir avec Bob Morane et Bill Ballantine ? — Tout à fait. Je m’y engage solennellement. — Bon, je vais essayer. — Il va vous falloir faire mieux qu’essayer ! Vous allez vous surpasser, car la vie de vos amis en dépend : ne l’oubliez pas. Trois jours et trois nuits durant, je m’efforce de ...