-
Perdue dans les brouillards de l’automne
Datte: 26/10/2026, Catégories: #fantastique, Auteur: Calpurnia, Source: Revebebe
... temps de prévenir mon ami, et lui assène un coup de matraque derrière la tête, le laissant inconscient. Ne tenant pas à subir le même sort, je lève les mains et me rends. Me voici enfermée dans une petite cellule, avec une couchette repliable, un lavabo, des toilettes sans lunette et, au plafond derrière un grillage fin, un néon qui dispense une lumière froide que je ne peux pas éteindre. En y réfléchissant, je me suis fourrée dans un beau guêpier. En attendant de trouver une solution à mes soucis, je prends enfin le temps de pisser en espérant qu’aucune caméra ne me surveille. Puis je me couche et m’endors en me disant que même si la miss Ylang-Ylang me tue, j’aurais quand même vécu une belle aventure spatiale qui m’aura distrait de mon ennui habituel, en me permettant de rencontrer l’un des héros de mon adolescence. Après quelques heures d’un mauvais sommeil rempli de cauchemars, deux gardes viennent me chercher. Ils ne répondent pas à mes questions, m’obligent à marcher jusqu’à un bureau garni d’une épaisse moquette rouge, d’un papier peint à grandes fleurs orange, avec des tableaux abstraits aux jaunes et bleus psychédéliques. Il y a même un téléphoneSocotel à cadran de la même couleur que les murs. Une chaîne hi-fi diffuse en sourdine de la musique disco. Dans cette station spatiale, le temps s’est arrêté dans les années soixante-dix, dirait-on. D’ailleurs, un calendrier posé sur le bureau indique que nous sommes en novembre 1976. Une revue Times, avec Jimmy ...
... Carter en couverture, confirme cette époque. Une femme est assise dans un grand fauteuil de rotin. Elle me tourne le dos ; je n’en vois que sa nuque et la fumée de sa cigarette. Mais je perçois nettement son parfum. Brusquement, elle se lève et se retourne. Pas de doute, elle correspond à sa description, avec son élégance, ses yeux noirs et brillants, légèrement bridés, sa longue chevelure de nuit, ses longs gants noirs et sa robe dos nu : miss Ylang-Ylang dans toute sa splendeur. Il me faut avouer qu’elle est d’une beauté peu commune. Elle me tend la main. Moi, serrer celle de l’assassin de Bob Morane ? Je refuse. Elle n’insiste pas. — Je vous attendais avec impatience. Car, voyez-vous, j’ai besoin de vous d’une manière urgente. — Qu’attendez-vous de moi ? Je lui réponds d’une voix agressive, alors que la sienne est au contraire très douce, voire doucereuse. Attention : cette femme est venimeuse, je le sais. Il me faut rester sur mes gardes, et ne pas céder à la flatterie. — Quelque chose qui est certainement dans vos cordes, ma chère amie. D’ailleurs, sachez que Bob Morane n’est pas mort, contrairement à ce que croit votre ami le grand rouquin. Il est seulement en hibernation. Ceci au grand dam de mon collaborateur Roman Orgonetz, autrement connu comme « l’homme aux dents d’or ». Je suis en mesure de le réveiller quand je veux. Car voyez-vous, je ressens un petit faible pour lui. Cela me sera sans doute fatal, un jour, mais c’est ainsi. Donc, le sort de vos deux ...