-
Perdue dans les brouillards de l’automne
Datte: 26/10/2026, Catégories: #fantastique, Auteur: Calpurnia, Source: Revebebe
... l’a tué ! Il en est tombé amoureux et voilà, elle en a profité ! Il se remet à sangloter de plus belle. — Et vous, vous êtes… ai-je demandé ? — Bill Ballantine. Le commandant et moi, nous ne nous quittions plus, et avons baroudé un peu partout dans le monde, et même dans l’espace. Il sort de sa poche une flasque de whisky, en prélève une rasade, et m’en propose. — À votre santé, capitaine, dit-il. Allez-y, c’est du bon, du Zat 77 ! J’en bois quelques gorgées. Mais je dispose de ma propre boisson, de l’absinthe, cachée dans un compartiment de mon sac. J’offre à Bill d’y goûter, mais il n’aime pas. Chacun ses goûts, chacun son ivresse. Rapidement, l’alcool me brûle le gosier, mais apaise les vagues de mon âme, même si je suis quasi certaine de le payer plus tard d’une crise d’angoisse. Pour une fois, j’ai trouvé un compagnon bienveillant à ma soûlerie. La présence de Bill m’apaise, même s’il pleure son ami tué par leur antagoniste, qui devient notre ennemie commune, du fait de ce partage improvisé. — Pourquoi vous m’appelez capitaine ? — À cause des trois barrettes sur votre manteau. — Ah oui ? L’armée, ce n’est pas mon truc. Je croyais que c’était un dessin purement décoratif. En fait, j’enseigne les lettres à l’université. Appelez-moi plutôt Calpurnia. C’est mon nom d’auteur. — Calpurnia, c’est un drôle de blaze. Pourquoi pas ! Capitaine Calpurnia ! Ça claque bien ! — Mais dites, si Bob Morane est mort, il est peut-être possible de changer ...
... l’histoire ? Rien n’est jamais perdu dans ce genre de roman. Il suffirait de convaincre l’écrivain de changer son destin. — Il faudrait encore savoir où le trouver, cet auteur. Il est dans votre monde, pas le nôtre. — En fait, je crois que cela va être compliqué, parce qu’il me semble avoir entendu à la radio Henri Vernes se trouve déjà dans l’autre monde. Bill boit encore, puis réfléchit un moment. — Capitaine, j’ai une idée ! Cette vieille bagnole peut nous y mener ! — Comment serait-ce possible, elle n’a plus de roues ? — Pas besoin de roues pour y aller ! Cet engin dispose d’unsynchroactivateur : il suffit de l’activer pour retourner dans un cycle du temps. Accrochez-vous, capitaine ! Bill actionne le levier de vitesses, et la Mercédès s’envole verticalement, d’abord lentement, puis avec une vitesse fantastique. Nous sommes propulsés à travers les airs par un mystérieux moteur qui ne laisse aucune chance à la gravité. À cause du vent qui souffle en altitude, je suis ballottée sur mon siège – il n’y a pas de ceintures de sécurité à l’arrière - et dois me cramponner à la poignée. La voiture traverse toutes les couches de l’atmosphère et se retrouve bientôt en orbite. — Wow ! Magnifique ! Nous sommes maintenant en impesanteur, et la vue est digne des plus belles photos de Thomas Pesquet et Samantha Cristoforetti, l’astronaute italienne qui, elle, est vraiment capitaine. Encore un coup d’accélérateur, et nous quittons les environs de notre planète bleue pour nous ...