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Perdue dans les brouillards de l’automne
Datte: 26/10/2026, Catégories: #fantastique, Auteur: Calpurnia, Source: Revebebe
... que je débecte. Rien ici ne doit se produire sans que je l’aie personnellement décidé. En conséquence de votre manque d’inspiration, vous allez maintenant assister à la fin de vos deux héros. Ce sera grandiose, je vous le promets, et vous êtes déjà aux premières loges. Regardez ! — Attendez ! J’ai une proposition alternative à vous soumettre. — Dites toujours. — Je veux sauter dans le vivarium à la place de Bob et de Bill. Libérez-les. Elle éclate de ce rire que je déteste. — Êtes-vous consciente du sacrifice auquel vous consentez ? J’en suis d’autant plus consciente que je ressens, depuis mon enfance, une totale phobie des araignées. Même une toute petite d’entre elles, lorsqu’elle se hasardait sur un mur de ma chambre, m’a systématiquement fait hurler de terreur. Mon père devait accourir avec un balai pour l’écraser, sinon j’ameutais tout le quartier. — Oui, je suis prête. C’est mon choix. — Votre courage vous honore. Sachez que les plus intrépides des hommes font sur eux à l’idée de rendre visite à mes compagnes à huit pattes. Très bien. Je vais délier vos bras. Retirez votre chemise : ces bêtes-là n’aiment pas le goût du coton, elles préfèrent votre chair tendre, dont elles se délecteront. Avancez vers l’ouverture, et sautez. — Avant, vous devez libérer mes amis. Je ne le ferai que lorsqu’ils auront quitté les lieux sains et saufs. — Méfiante, hein ? Bon, d’accord. Gardes, détachez-les. Ils peuvent s’en aller. — Non, proteste Bob. Laissez-la ! Il ...
... essaie, avec l’aide de son compagnon, de se saisir de Miss Ylang-Ylang. Celle-ci, souple et vive, joue l’esquive. Quelques hommes de main font les frais des prises de judo de Bob qui les met à terre en un éclair, ainsi que des poings du géant roux qui l’accompagne. Mais la patronne du lieu dispose d’un pistolet pour les tenir en respect. — Adieu, Bob et Bill, dis-je. Continuez éternellement à servir la justice partout dans le monde et dans l’univers, comme vous l’avez toujours fait. Pour éviter qu’ils se fassent tuer dans un dernier baroud d’honneur, je saute de moi-même à travers la trappe du vivarium. J’essaie de tomber la tête la première afin de m’assommer pour ne pas me retrouver consciente entre les pattes des araignées, mais c’est l’eau d’un étang qui m’accueille quelques mètres plus bas, indemne. Dès que j’émerge à la surface, trois ou quatre de ces créatures monstrueuses accourent vers moi à une vitesse incroyable, se disputant entre elles les meilleures parts de cette proie. Lorsqu’elles arrivent sur moi, je m’évanouis. La douceur d’une main de femme sur mon front m’éveille. Elle porte un masque et un uniforme de pompier. Je découvre que je suis allongée sur un brancard. Nous nous trouvons dans une ambulance qui fonce sur les boulevards, deux tons en action. À travers les vitres aveuglées, je constate que le soleil se lève. — Ah, elle reprend connaissance, dit-elle à son collègue qui se tient à côté. Serrez ma main, Madame. Vous vous appelez comment ? — ...