1. Perdue dans les brouillards de l’automne


    Datte: 26/10/2026, Catégories: #fantastique, Auteur: Calpurnia, Source: Revebebe

    ... Je vous ai dit avoir détruit ce texte, cependant j’en ai conservé une page, que je vous offre. Car Bob est, en quelque sorte, mon fils, et vous êtes donc ma petite-fille que je rencontre pour la première et probablement unique fois.
    — Merci ! Mais alors… maintenant… que dois-je faire ? Assister au massacre de mon père sans réagir ?
    — Vous oubliez que vous vous trouvez dans une histoire d’aventures, ma chère enfant. Toutes les voies du futur sont ouvertes et rien n’est impossible. Suivez simplement l’inclination de votre cœur, et vous trouverez à la fois la solution et la force pour sauver vos héros et tenir votre mère en échec.
    
    Le vieillard disparaît soudain en traversant la porte. Il me semble avoir rêvé. L’accent belge de sa voix résonne encore sous mon crâne. Seule la feuille de papier dactylographiée recto verso témoigne de cette rencontre. Elle évoque une nuit d’amour, non pas tendre, mais violente et passionnée, puis une dispute entre mes vrais parents, Bob Morane et Miss Ylang-Ylang, leur rupture définitive. Bob et Bill retrouvent ensuite leur amitié légendaire, après une période de brouille causée par cette femme vénéneuse. Je glisse ce précieux document dans la poche de la chemise que Bob m’a donnée.
    
    Plusieurs heures s’écoulent, ce qui me laisse le temps de préparer mon plan. Au matin, la maîtresse des lieux vient me chercher. Me surveillait-elle discrètement ? Elle ne semble pas avoir remarqué la présence du vieil homme dans ma cellule. De nouveau, me ...
    ... voici les bras liés dans le dos. Nous nous dirigeons, à travers un dédale de couloirs, vers l’immense vivarium d’où émane une intense chaleur moite.
    
    Il s’agit d’une salle au plafond de verre qui se trouve sous nos pieds, baignée de lumière artificielle, d’une dizaine de mètres de hauteur. Une végétation luxuriante de plantes tropicales accueille une dizaine d’araignées monstrueuses. Un personnel de la base leur jette avec prudence, à travers une trappe, tout un troupeau de bœufs et des moutons vivants, aussitôt déchiquetés après leur chute par des puissants crochets, dans des flots de sang et des meuglements désespérés.
    
    Bob et Bill sont déjà présents, debout, ligotés, torse nu, calmes malgré la promesse de leur horrible trépas. Leurs nerfs d’acier sont impressionnants. Leurs traits carrés n’évoquent aucune angoisse. Mais j’ai déjà pris ma décision. J’adresse ma proposition à l’Eurasienne.
    
    — Si vous le voulez, attrapez le papier dans la poche de la chemise. C’est un poème qui vous est destiné. S’il vous convient, je vous demande de libérer vos amis.
    
    Elle se saisit la feuille pliée en quatre, et le lit. Je frémis pendant que ses yeux parcourent ce texte produit dans l’urgence. Puis elle éclate de rire.
    
    — C’est tout ce que vous avez trouvé pour me séduire ? Vous êtes pitoyable !
    — Si vous n’aimez pas mon style, pourquoi m’avez-vous capturée alors ?
    — Je crois que vous n’écrivez bien qu’en toute liberté. Impossible de vous contraindre. Liberté ! C’est bien là un mot ...