-
Non... rien de rien !
Datte: 24/09/2026, Catégories: fh, hplusag, Auteur: Jane Does, Source: Revebebe
... flanc, et je redresse le menton ! — N’aie crainte ! Je veux juste que tu déplaces un peu cette jambe qui me cache cet endroit que je désire être aussi réel que possible. Cet endroit, comme il dit, c’est ce qu’il ne veut pas prendre. Pas comme je le désire évidemment. Il n’y est pas insensible, bien qu’il fasse tout pour le cacher. Une idée, une pensée idiote… qui me fait sourire s’ancre sous ma chevelure brune. Et si… si j’osais ? Il a perçu cette subtile risette qui naît au coin de mes lèvres de femme alanguie. Et un sursaut le fait se raidir. — Je peux te poser une question, Paul ? — Une… oui, oui naturellement ! — Est-ce que tu bandes pour moi ? — … ? Quoi ? Mais je… — Ne bafouille pas, je ne vais pas te sauter dessus et te violer. Tu as lu ce bouquin et que penses-tu du passage où Cécilia est recouverte d’un plaid très spécial ? — Tu parles là des billets avec lesquels Dino tente de l’acheter ? Finis donc la lecture et tu auras encore quelques surprises… Le fric ne fait pas tout ! — Bien sûr… mais Moravia est léger, aérien et je crois que j’ai au moins découvert cet auteur en venant ici. — Parce que tu t’attendais à découvrir autre chose en posant pour moi ? Et si ta question est abrupte, ma réponse te paraît plus évasive ? Alors, oui… je bande pour toi, mais tu sais mes raisons pour ne pas venir au-devant de tes envies. Ça ne peut que rester du domaine du fantasme. Ne nous égratignons pas pour un plan cul que tu regretterais amèrement et moi également ...
... par ton départ, pour voler vers un plus jeune… Justement pour ne pas ressembler à ce pitoyable vieux peintre du livre… — … Il vient de me scotcher sur son divan et de nouveau, son pinceau éparpille sur le cadre rectangulaire des couleurs qui me donnent des formes. Je ne devine rien de son travail. Je replonge dans les lignes sombres d’un amour qui vire à la folie. Je comprends ses raisons, sans pour cela les valider dans leur globalité. La parenthèse « Wanda » me rappelle que sa vision de l’existence est plus proche de la réalité que la mienne, plus égoïste et personnelle. Le mot fin du récit que je viens de lire coïncide avec celle de la séance de ce dimanche. Mes yeux se portent sur l’homme qui vient d’un geste sec de recouvrir sa toile du linge protecteur… — Tu ne veux toujours pas me faire voir, Paul ? — Non ! Mais tu es mon chef-d’œuvre, tu peux me croire… — Eh bien… je file donc. À très vite ? — Je compte sur toi mercredi… comme d’habitude ! — Oui… tu peux. Une bise clôt notre entrevue. Et la rue me happe en m’enveloppant de ses bruits familiers. Si quelques billets ont changé de poche, nous sommes loin d’une couverture faite uniquement de petites ou grosses coupures. Et, contrairement à l’héroïne de Moravia, le vieux peintre en désespoir de cause n’a pas demandé à m’épouser. En grimpant sur le marchepied du car, je souris à cette idiotie née de mon cerveau et se rapportant à ma lecture. Oui ! Je vais revenir poser chez Paul, oui, il ne me baisera sans doute ...