1. Non... rien de rien !


    Datte: 24/09/2026, Catégories: fh, hplusag, Auteur: Jane Does, Source: Revebebe

    Résumé des épisodes précédents :
    
    Une appréhension toute légitime m’habite lors de l’approche du rendez-vous suivant chez Paul. Je m’y rends ce samedi, quasiment à reculons. Mais il n’a pas l’air de me tenir rigueur de ce qui nous oppose. Après ce qui est désormais une tradition, c’est-à-dire prendre un jus, je passe derrière son brise-vue et me dépouille sans me formaliser plus que cela de ce que je fais. La serviette est de nouveau là, mais pour lui faire comprendre que je ne suis pas dupe, je l’ignore complètement. Et je passe lentement dans son champ de vision, me déhanchant outrageusement. Un appel à tous ses sens ? Calculé, je le sais, et risqué aussi !
    
    Il fait mine de rien et je peux donc plonger mon nez dans « L’ennui » qui me rend toute morose. Cette Cécilia, ce Dino, ils incarnent dans mon esprit ce que nous sommes. Une jeune idiote et un vieux pervers. Mais dans le cas du bouquin, le type peut profiter de la passivité de son modèle. Et il ne s’en prive nullement. C’est donc l’opposé qui se passe dans cet atelier. Encore que, pour être honnête, mon désir est un peu retombé, comme un soufflé trop vite tiré du four. Quant à être tirée… je songe que je ne vais sûrement pas revenir sur le sujet. Il ne veut pas, c’est son droit le plus absolu. Il serait indigne de moi que je le force à faire quoi que ce soit dont il n’a pas envie.
    
    Le maître mot : envie ! Ouais ? Rien n’est moins certain que son manque d’envie, c’est son amour propre qu’il tient à préserver ? Il ...
    ... doit y avoir un peu de ça dans sa démarche. Mais bon ! Je serais la première offusquée si un type insistait lourdement après que j’ai dit « non ». Ne jetons donc pas la pierre au pauvre pêcheur et laissons bosser l’artiste. Puis, prise par ma lecture, je ne vois pas les minutes défiler. Au moins ai-je découvert Alberto Moravia et, si ses autres écrits sont d’une aussi bonne teneur, je vais en devenir une lectrice assidue. Tout se passe à merveille. Paul fait quelques arrêts, nous discutons à bâtons rompus… c’est presque trop beau.
    
    Et nos propos sont soudain interrompus par une sonnerie discrète dont je ne saisis pas de suite la provenance. Ce n’est que lorsqu’il se dirige vers le digicode que je m’inquiète de la venue d’un visiteur inattendu. Je perçois la voix du peintre qui parle à celui ou celle qui se tient dans la rue.
    
    Je sursaute aussi en entendant la phrase prononcée.
    
    — Je t’ouvre…
    
    Il ne réalise qu’à contrecoups que je suis nue sur le sofa. Mais il a déjà appuyé sur le bouton, déclenchant ainsi l’ouverture électrique de la porte d’entrée. Il reste figé en ne sachant plus comment réagir. Il bredouille d’un coup.
    
    — C’est… pardon, je n’ai pas songé que tu étais là, c’est Martin…
    — Martin… bon et bien, je file, je vous laisse entre mecs.
    — Hein…
    
    Je bondis sur mes deux jambes et cours me réfugier derrière le paravent. Fébrilement, j’enfile ma culotte, rattache mon soustingue et passe ma jupe. Pour le chemisier, il ne me reste qu’à fermer une à une les ...
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