1. Jusqu'à ce que la mort nous sépare


    Datte: 19/09/2026, Catégories: Humour #pastiche, #délire, #horreur, #fantastique, Auteur: Laetitia, Source: Revebebe

    ... Et au milieu de la pièce, deux silhouettes penchées sur le canapé. La conseillère Martineau et Béa. Martineau, la bouche rouge, pas de rouge à lèvres… non, pas vraiment. À ses côtés, la secrétaire et sa fameuse mini-jupe immaculée. Enfin… c’était ce qu’il restait d’elles. Ou plutôt, ce qu’elles étaient devenues.
    
    Leurs peaux étaient cireuses, tachetées de rouge, leurs yeux, vitreux, dépareillés. Les deux femmes étaient accroupies devant… quelque chose. Ou plutôt quelqu’un. Et entre leurs mains, les restes d’un autre couple, celui de la séance d’avant, visiblement. Un bras sur le tapis. Un pied dans la plante verte. Béa arrêta de fouiller dans les entrailles du mari et leva lentement la tête, la bouche pleine. Un bruit de succion résonna. Madame Martineau cessa de mordre la gorge de la femme.
    
    Élise lâcha la poignée et eut un haut-le-cœur. Thomas, incapable de faire autre chose, murmura :
    
    — Putain, elles se sont transformées en zombies. Euh… Je crois qu’on va devoir annuler.
    
    La conseillère se releva et fit un pas vers eux, titubante, une mèche de cheveux collée sur la joue. Son sourire s’étira haut, trop large, un filet rouge glissa de sa lèvre bleue. Elle dit d’une voix déformée et caverneuse, entre deux grognements :
    
    — Ah… mes chers… tourtereaux… Vous êtes en avance…
    
    Sa voix gargouillait comme un évier bouché, un bruit de succion accompagnait sa phrase. Béa releva la tête à son tour, l’œil vitreux (elle n’en avait plus qu’un), la bouche pleine. Elle mâchait ...
    ... encore. Élise recula d’un pas.
    
    — Oh mon Dieu.
    — Ne panique pas, dit Thomas.
    — Ne panique pas ?! Y’a ton crush qui bouffe des gens !
    
    Béa grogna. La conseillère poussa un râle, à mi-chemin entre le soupir professionnel et le grognement de bête affamée.
    
    — Nous… allons… travailler… sur… votre… fusion…
    — Pas la peine, on a déjà donné ! s’écria Élise.
    
    Ils reculèrent, mais la secrétaire bondit, trébuchant sur le bras du client défunt. Thomas la repoussa d’un coup d’épaule, manquant de glisser. Élise lui agrippa la main, à la fois terrifiée et furieuse.
    
    — Si on s’en sort, j’te jure, on change de thérapeute !
    — Promis ! Mais d’abord, on sort d’ici ! Oh putain… une attaque zombie !!!
    
    Ils s’enfuirent en courant, laissant derrière eux la porte claquer et le bruit de mastication reprendre, lentement, méthodiquement, presque paisiblement.
    
    Derrière eux, dans le cabinet, ils entendirent Martineau grogner :
    
    — J’ai… enfin… trouvé… un couple… qui a du goût…
    
    Ils jaillirent dans le couloir en se cognant à la porte. Élise trébucha, Thomas la rattrapa par réflexe, ce qui, ironie du sort, fut leur premier vrai contact physique depuis des jours.
    
    — Lâche-moi !
    — Je te sauve la vie !
    — Tu m’écrases le bras !
    — Mieux vaut le bras que le crâne !
    
    Derrière eux, le clic-clac mou des pas saccadés se rapprochait. Ils entendirent les talons qui raclaient le sol en traînant un peu trop de chair et les grognements inhumains qui les accompagnaient. Élise jeta un coup d’œil ...
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