1. Camp-climat


    Datte: 29/07/2026, Catégories: Humour #nonérotique, #aventure, hplusag, campagne, Auteur: Amateur de Blues, Source: Revebebe

    ... bien vous suivre si c’est une gendarmette qui m’emmène au poste dans une voiture électrique.
    
    Mes provocations ne les émeuvent pas. Mais peut-être me valent-elles quelques coups supplémentaires quand on me charge menotté dans un fourgon.
    
    3. Le surlendemain
    
    Le passage incontournable par la case cellule n’est pas des plus confortables. Ce n’est pas la première fois, et sans doute pas la dernière parce que je ne me crois plus capable de changer. Les interrogatoires n’ont pas été non plus des parties de plaisir. Les bleus tenaient tellement à ce que je dénonce des complices. Ils répétaient toujours la même chose mais je m’en suis tenu à ma version débile : je voulais profiter de cette grande forêt pour charger du bois en fraude dans ma camionnette. Si l’arbre s’est retrouvé sur l’autoroute, c’était un accident. Personne de sensé ne couperait jamais un pin pour faire du bois de chauffage mais je n’ai pas varié dans mes déclarations et ils ont bien été obligés d’abandonner. Quand je ressors dans la lumière du jour, dûment inculpé et astreint au contrôle judiciaire, je reste un instant sur le seuil pour comprendre où je dois aller, une main en visière parce que le soleil m’éblouit.
    
    Il y a beaucoup d’agitation autour de moi et je mets un moment à comprendre ce qui se passe. En fait, je suis entouré par deux groupes distincts. Il y a une flopée de journalistes qui essaient de m’approcher pour me photographier ou recueillir mes premières paroles. Ils se bousculent comme des ...
    ... hyènes et je me retiens de ne pas leur casser la gueule. Mais il y a aussi mes soutiens, ce que je n’attendais pas, une masse de gens qui entourent les photographes et m’applaudissent, avec des pancartes contre l’autoroute et contre la police. Parmi eux, je ne connais personne.
    
    Un homme à l’air efficace passe son bras sous le mien et m’entraîne vers une voiture, tandis que mes nouveaux amis écartent sans ménagement les journalistes. Après un trajet où je me contente de répondre par oui ou par non aux questions qu’on me pose, sans que je parvienne à savoir ce que je pense de l’enthousiasme de tous ces gens pour mon geste inutile, on se retrouve dans la cour d’une ferme où des grandes tables nous attendent, un banquet étant prévu pour fêter ma libération.
    
    Comme d’habitude, je ne me sens pas à ma place au milieu de ces gens. Je ne comprends pas qu’ils approuvent ce que j’ai fait. Je ne revendique pas l’abattage des arbres et la mise en danger des automobilistes innocents. Je ne pouvais simplement pas faire autrement. Et pourquoi sont-ils incapables d’agir par eux-mêmes s’ils me soutiennent ? Très vite, je prétexte une grande fatigue, presque un malaise et je demande où je peux aller marcher un peu, seul je précise. On m’indique une rivière sympathique, bien qu’elle ait moins d’eau qu’avant à cause de ce foutu réchauffement. Elle coule en contrebas d’un pré, juste derrière la ferme. Je m’éloigne aussi vite que possible et leurs rires et leurs voix diminuent à mesure que je ...
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