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Camp-climat
Datte: 29/07/2026, Catégories: Humour #nonérotique, #aventure, hplusag, campagne, Auteur: Amateur de Blues, Source: Revebebe
... nous prendre au sérieux, nous devons nous secouer pour éviter une fin aussi douloureuse que grotesque. Pour ce faire, j’ai des propositions que je soumets à votre sagacité. Premièrement, nous pourrions investir le camp des filles et négocier finement avec elles pour transformer la nuit en une orgie homérique mais je sais que je n’obtiendrai pas votre adhésion sur ce point. Deuxièmement, nous pourrions attaquer la centrale nucléaire la plus proche et dégommer les drones avec des pommes de pin. Ce serait festif et courageux. Et troisièmement, si l’aventure vous fait peur, nous pourrions nous mettre sur la gueule dans une bagarre générale, ce qui permettrait au moins de savoir qui parmi nous est capable d’affronter la police. Un silence inquiet suit mon intervention mais très vite, un des leaders autoproclamés du groupe se lève. C’est un jeune homme blond de bonne famille en polo Lacoste. Chez lui, on prend la parole avec assurance de génération en génération. — Bien. Le copain Antoine a pu exprimer son point de vue sans être interrompu et je crois qu’on a tous bien compris ce qu’il voulait dire. Je propose que ce soit sa dernière intervention de la soirée. Là, toutes les mains se lèvent et s’agitent comme celles des montreurs de marionnettes. C’est la manière pacifique de ces grands enfants pour dire qu’ils sont d’accord. Je comprends que je ne suis pas à ma place dans cette assemblée et je sors dans la nuit. Il continue de pleuvoir et le vent fait chanter aux ...
... arbres un air lugubre. La seule lumière pour trouer l’obscurité est celle qui émane du chapiteau des filles. Il est hors de question que je me dirige dans cette direction. Aussi, je m’enfonce dans la nuit. J’ai bien un projet mais je n’arrive même pas à me le formuler. En avançant doucement dans le noir, je parviens jusqu’au parking, sinistre entassement de dinosaures métalliques. Je déteste les bagnoles et pourtant j’en ai une, une vieille fourgonnette qui ne dépasse pas le quatre-vingts mais qui pollue autant que les autres. La ruralité, espace délaissé de la République, est totalement vide de moyens de transports collectifs. À l’arrière, je récupère ma tronçonneuse, encore un moteur thermique, symbole de mes compromissions. Je remplis le réservoir à partir d’un petit jerrican qui ne me quitte pas et je m’enfonce à nouveau dans la forêt. Nous sommes dans le Jura, sensément loin de tout mais je sais qu’il y a une autoroute pas très loin d’ici. Où qu’on soit en France, on n’est jamais très loin d’une autoroute. Je serpente entre des arbres majestueux, des dinosaures eux aussi, appelés à s’éteindre malheureusement. La pluie parvient à se glisser sous mes vêtements et des gouttes désagréablement froides me descendent le long du dos. Le camp a disparu, englouti dans la nuit. Les bêtes doivent être à l’abri. Je suis seul au monde et c’est souvent les moments que je préfère mais pas aujourd’hui. Il y a cette foutue chaleur humaine que j’avais cru trouver dans ce nid ...