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Camp-climat
Datte: 29/07/2026, Catégories: Humour #nonérotique, #aventure, hplusag, campagne, Auteur: Amateur de Blues, Source: Revebebe
... me suis inscrit dans aucune équipe. Je sais, c’est mal mais je suis incapable de servir les autres ou de ramasser leurs déchets. Désolé, c’est comme ça, encore une contradiction. Je m’installe avec un café et un bout de pain à une grande table collective, une belle en table en bois que je caresse doucement de la main. Je suis sensible aux matières, à la vérité des choses. Rien n’est plus insupportable dans le monde moderne que le plastique mais si on me poussait dans mes retranchements, je crois que je ne saurais pas l’expliquer. C’est de l’ordre de l’intime, ma manière à moi de rechercher l’harmonie. En mâchouillant mon pain, je regarde les militants entrer les uns après les autres. Personne n’est peigné et tous ont l’air plus ou moins perdus. Ils sont venus pleins de confiance dans leur capacité collective et depuis deux jours, ils rencontrent la faiblesse des autres. C’est du moins l’impression que me donnent leurs mines froissées par la nuit mais probablement, je lis sur leurs visages mal réveillés ce que je veux y voir. Soudain, sans que je la voie arriver, une personne s’assied juste à côté de moi, à la grande table. Comme je tourne la tête pour savoir de qui il s’agit, je me retrouve face au sourire de la petite rousse de la veille. — Je ne te dérange pas ? demande-t-elle. Je hoche la tête, je pense que je ne suis pas rasé et je contemple ma tasse de café. Pourtant, je sais qu’elle me sourit même quand je ne la regarde pas. Je sens la chaleur de sa ...
... cuisse contre la mienne alors que nous sommes si peu nombreux encore. Il y a plein de places partout. — Tu es du Sud, si je me souviens des présentations ? dit-elle. — Quelque part par là, je réponds sans me tourner vers elle. Et vous, vous êtes infirmière en Île-de-France, vous avez trente-deux ans et vous étiez street-médic à Sainte-Soline. — Quelle mémoire ! — C’est juste quand ça m’intéresse. Sinon, je ne retiens rien. À cet instant, un immense charivari se déclenche un peu partout autour de nous, coupant la chique à tout le monde. J’ai juste quelques secondes pour regarder ma voisine, ses grands yeux qui cherchent à comprendre ce qui se passe et sa bouche entrouverte par l’étonnement, une beauté saisissante que je n’avais pas encore vraiment remarquée tant j’évite de croiser le regard des gens. Et puis, c’est la folie dans le camp, des sirènes, des gyrophares, des véhicules et des uniformes bleus de partout. Sans qu’on ait le temps de comprendre quoi que ce soit, nous sommes rassemblés sur le terre-plein central, entourés par les gendarmes. En bons disciples de Gandhi, nous nous asseyons tous en tailleur. Je ne sais plus où est ma nouvelle connaissance. Comme je sais la cause de cette débauche policière, je me lève et je m’adresse à la gent policière : — Ne cherchez plus. C’est moi qui ai aidé cet arbre à couper l’autoroute cette nuit. Laissez ces jeunes gens tranquilles, ils sont incapables d’un geste aussi vilain. Ce sont tous des amis des arbres. Je veux ...