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Le pavillon de chasse
Datte: 17/06/2026, Catégories: #historique, fh, bain, campagne, amour, Auteur: Patrik, Source: Revebebe
... ma cousine. — Je vois, je vois… mais je parie que cette aînée vient juste de sortir du couvent. Le choc risque d’être rude avec ma fille qui n’y a jamais mis les pieds. La marquise fait un petit geste de la main : — Je sais cet état de fait, et je pense que ça ne fera pas de mal, aussi bien pour Jeanne-Adélaïde et pour votre Marie-Pauline. — À vos risques et périls ! Agitant son éventail, Marie-Angélique sourit : — Je peux dire la même chose entre vous et Louise-Françoise de Bellaire, ma cousine. — Pour quelle raison, je vous prie ? — Parce qu’elle et moi avons quelques points communs. Vous venez de prouver joliment que vous inclinez pour ma personne, mais j’ai décidé de rester veuve. D’un ton amusé, je rectifie : — Vous avez pour l’instant décidé de rester veuve. — Je vous l’accorde, mais, comme je vous l’ai déjà dit, vous risquez d’attendre longtemps… Sans oublier que vous n’êtes pas le seul et unique postulant sur la liste d’attente. Non, Monsieur, pour votre propre bien, je vous recommande d’aller chercher fortune ailleurs. Je pense sincèrement que ma cousine pourrait être cette autre fortune. De plus, elle n’est pas indigente. Entendant cette dernière précision, j’énonce une de mes vérités : — Je crois être assez riche pour ne pas courir les dots… — Je sais, vous l’avez prouvé maintes fois en ne vous remariant pas, malgré les bons profils qui se présentaient à vous. — Des bons profils à profit ? — Je sens que ma chère cousine va ...
... beaucoup apprécier votre compagnie, elle a besoin d’être un peu secouée. C’est avec surprise que je regarde la marquise. Elle me sourit à nouveau : — Vous comprendrez… Vous verrez et jugerez… et vous connaissant, je sens que ce sera amusant. Je peux compter sur vous, n’est-ce pas ? Intrigué et un peu dépassé par cette dérive des événements, je confirme à mon illustre hôtesse le fait que je servirai de chevalier servant à sa cousine qui arrivera tantôt. Marie-Angélique n’a pas menti : sa cousine possède un indéniable air de parenté, mais ce n’est pas pour autant que je vais lâcher la proie pour l’ombre. Sans être médisant, Louise-Françoise n’est pas à la même hauteur que l’objet de ma flamme, c’est une constatation. J’avoue cependant que sa conversation est plaisante. J’ai l’impression que la nouvelle venue aurait pu être une seconde Marie-Angélique, si elle avait eu un peu plus de chance dans la vie. Du moins, c’est que ce j’ai pu comprendre quand elle m’a narré sa triste vie : élevée chez des Sœurs très austères qui n’ont pas souhaité qu’elle puisse s’instruire par le latin et éventuellement le grec. Puis extirpée du couvent à quinze ans pour arranger une alliance matrimoniale entre deux familles, avec une connaissance de la vie proche de zéro. Un grand classique, hélas. Mais, dans la plupart des cas, on ne demande pas aux femmes d’avoir une tête bien faite, mais seulement de « pondre » des héritiers. Puis, souvent, lors de la péremption, on les pousse vers la ...