1. Le pavillon de chasse


    Datte: 17/06/2026, Catégories: #historique, fh, bain, campagne, amour, Auteur: Patrik, Source: Revebebe

    ... de saisir les occasions qui sont à ma portée sans creuser trop profondément. Mais là, j’ignore ce qu’il faut faire, alors je ne fais rien.
    
    Nous parlons de tout et de rien. Curieusement, ma voisine ne semble pas trop réaliser que nous sommes tous les deux loin de tout, avec peu de vêtements sur nous. Tout ceci me rappelle certaines soirées que j’ai pu passer avec ma fille, mais, ce soir, le contexte est nettement différent.
    
    Je crois qu’il est temps de dormir à présent :
    
    — Je vous propose de nous en remettre à Morphée, afin de pouvoir repartir demain à la première heure.
    — Si vous le dites…
    
    Je retire les couvertures roulées derrière les oreillers, puis nous nous allongeons à moitié sur le lit. Je laisse la lampe à huile s’éteindre d’elle-même, je pense qu’il doit rester quelques minutes encore. De plus, l’âtre rougeoie toujours, avec quelques flammes éparses.
    
    Regardant en direction de la fenêtre, Louise-Françoise me demande :
    
    — Vous croyez qu’il fera beau demain ?
    — Je l’espère, car, si le mauvais temps perdure, je ne sais pas ce que nous allons manger ! Car, mis à part du foin dans l’écurie, il n’y a rien.
    
    Elle se met à rire doucement :
    
    — Il y a pourtant plein de poissons dans le lac…
    — Mais aucune canne à pêche ou quelque chose qui y ressemble… Quant à attraper un poisson à la main, je ne suis pas un ours.
    — Pourtant, vous avez tout du profil de l’ours mal léché ! Du moins, par rapport à certains hommes que je connais.
    
    Je lui fais remarquer ...
    ... :
    
    — Si j’étais un ours mal léché, seriez-vous toujours couchée à mes côtés ?
    — Vous êtes un ours en qui j’ai confiance.
    — Vous ne devriez peut-être pas…
    
    Alors que nous sommes toujours allongés sous la même couverture, elle vient à nouveau se blottir contre moi :
    
    — Je peux rester ainsi, grand ours ?
    — Je n’ai pas dit non la précédente fois…
    — Merci…
    
    Le silence s’installe. La pièce danse sous l’effet des lumières vacillantes. C’est Louise-Françoise qui rompt la quiétude peu après :
    
    — C’est étrange… je suis là, dans le même lit que vous…
    — Les joies du hasard…
    — Ou du destin, Antonin…
    — Ça rime…
    
    Levant les yeux sur moi, elle me gronde gentiment :
    
    — Il faut toujours que vous fassiez une pirouette…
    — C’est dans ma nature de gros ours mal léché.
    
    Gloussant brièvement, Louise-Françoise se blottit encore plus contre moi :
    
    — Je peux vous demander quelque chose ?
    — Oui, vous pouvez rester ainsi toute la nuit, si ça vous dit.
    — Ce n’est pas précisément ce que j’avais en tête…
    — Dans ce cas, qu’est-ce donc ?
    
    Elle marque une pause avant de me débiter d’une toute petite voix :
    
    — Pourriez-vous me faire l’amour, Antonin ?
    — PARDON !?
    
    C’est bien la première fois qu’une femme me fait ce genre de proposition ! Exception faite des filles de joie dont c’est le métier. L’explication vient tout de suite :
    
    — Comme vous vous en doutez, je ne peux point dire que ce fut très… très… vous voyez quoi, avec mon défunt mari…
    — Assez pour avoir deux enfants.
    — ...
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