1. L'expiation


    Datte: 16/06/2026, Catégories: #biographie, #psychologie, #société, #drame, #nonérotique, #confession, #personnages, Auteur: Jane Does, Source: Revebebe

    ... ramasse après des années de placard… on n’est plus capable de s’assumer seule. À mon avis, c’est dur de s’y recoller. Mais bon… je me rassure, Cécile, en m’imaginant que si moi je quitte la zonzon un jour, tu seras là pour me tendre la main.
    — Oui… je serai là, si je ne suis pas morte avant, tu as ma parole…
    — C’est bien ma belle ! Cochonne qui s’en dédit… je compte sur toi… Et puis tu es encore jeune et tu as toutes les chances du monde de refaire ta vie… dans quelque temps cette taule ne sera plus qu’un mauvais souvenir pour toi… je suis de tout cœur avec toi, Cécile…
    — Je t’écrirai ma belle et je te raconterai comment c’est, là de l’autre côté…
    — Oui ! C’est sympa… allez… prends soin de toi ma toute belle… et je croise les doigts, mais tout va bien se passer…
    
    Ma couche ! Je m’étends sur les couvertures vertes et je croise mes doigts sur ma nuque, mon palpitant sonne le tocsin dans ma poitrine. Mes affaires tiennent toutes dans un sac de plastique. Et l’heure de l’appel avec son rituel me trouve dans cet état d’hébétude avancée. C’est si flagrant que la gardienne entre carrément dans ma cellule pour me parler.
    
    — Ça boume ce matin ? C’est le grand jour ?
    — … Ça va oui !
    — Je sais qu’on ne vous reverra plus dans ces murs… je me trompe rarement sur les gens… je vous dis merde pour la suite, hein !
    — Merci surveillante !
    
    Un mot gentil, ça ne tue personne. Et puis, la paroi de bois massif se referme encore. Les bruits dans la coursive, toujours les mêmes à ...
    ... cette heure matinale. Le café, le ramassage du courrier… immuable cérémonial qui se déroule tous les jours de la semaine, sauf les week-ends, bien entendu. Et il est neuf heures lorsqu’elles sont deux à débouler dans mon espace vital…
    
    — C’est l’heure… on y va !
    
    Je suis avec mon baluchon sur les bras. La literie et mon sac d’affaires personnelles. Direction un long couloir qui mène au greffe… l’équivalent pour la prison du bureau des entrées et des sorties dans un hôpital. Ouais… une femme, en civil celle-là, qui me prend mes empreintes, et me compte de l’argent. Quelques pièces inconnues de moi. Je suis entrée en taule avec des francs et j’en sors avec des euros… comment ça se compte ces sous-là ? Quelle valeur peuvent-ils avoir ces billets qui sont au fond de ma poche ? Encore un chemin. À l’extérieur, celui-ci, et la porte qui tourne sur ses gonds. Le bitume d’une sorte de route qui va vers des voitures dont les modèles me sont totalement étrangers. Je suis libre… et je ne sais pas quoi faire de ma foutue liberté retrouvée… Il y a devant la prison des gens qui font la queue et qui me rezieutent, comme une bête de foire. Des familles, des visiteurs qui attendent pour entrer aux parloirs !
    
    Premiers pas extérieurs
    
    Je marche ! Dans une ville aux rues animées. Affolée par un flot de voitures incessant, ma peur ressurgit avec une violence qui m’oblige à faire de fréquents arrêts. J’ai la nette impression que des tas de regards me toisent, comme si sur mon front étaient ...
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