1. L'expiation


    Datte: 16/06/2026, Catégories: #biographie, #psychologie, #société, #drame, #nonérotique, #confession, #personnages, Auteur: Jane Does, Source: Revebebe

    C’est con ! Je sais bien que c’est débile ! Mais après des années dans cet univers, alors que toutes ici nous rêvons de le quitter au plus vite et bien… je dois reconnaître que ce qui m’attend de l’autre côté de ces murs, je le redoute. Est-ce que je vais savoir revivre normalement après tout ceci ? Ici, finalement, je me suis habituée à ces réveils fréquents, à des repas à heures fixes ; même si parfois c’est trop tôt, si nous nous plaignons que c’est ceci, cela. Ça a l’avantage que la bouffe nous est livrée à la porte trois fois par jour, et que chacun d’eux que Dieu fait, jamais aucun ne manque à l’appel. Alors ? Tout ceci va prendre fin dans quelques jours et j’avoue que je broie du noir. C’est con comme la lune, mais je me sens… tourmentée ! Oui, c’est bien ça, j’ai peur de ce que je vais devoir affronter.
    
    Quelque six ans en arrière
    
    Ils quittent la salle et je reste une seconde prostrée sur mon banc. Mais quelqu’un me tire par la manche et je dois me remettre debout sur mes deux cannes vacillantes. C’est dingue. J’ai vu toute ma vie repeinte au vitriol et aucun argument pour contrer ce que ceux-là imaginent de moi. Même mes amies, celles avec qui j’ai mangé, bu, chanté et dansé, pas une ne m’a épargnée. Le portrait noir dressé, l’image que tous ont véhiculée là, comment peut-on me croire aussi machiavélique. Ma seule erreur ? Avoir aimé un type mauvais. Et voilà où ça m’a mené. Lui est dans un autre box, il regarde ses godasses et il était le seul à pouvoir me ...
    ... sortir de là.
    
    Mais non ! Bien sûr que c’est difficile de croire que je n’étais au courant de rien. À la maison, Patrick, pour moi, c’était l’homme parfait. Gentil, humain, aimant et amoureux, quoi. Alors, quand les flics, un petit matin, ont débarqué, bien sûr que je ne comprenais rien à ce foutu bordel. Les mots méchants sont venus, les cris aussi, avant les barreaux qui ne pouvaient qu’être la suite logique de toute cette merde. Comment se défendre de ce que l’on ne sait pas ? Des heures d’interrogatoire n’ont pas non plus permis à quiconque de déterminer si j’étais au courant des agissements de Patrick. Est-ce que ça empêche les uns et les autres de se forger une opinion ? Bien sûr que non !
    
    Alors ? La raison du plus fort est forcément la meilleure. C’est donc ainsi que deux heures plus tard, oui, seulement cent vingt petites minutes pour sceller un quart de ma vie, il n’en a pas fallu plus à ces gens « normaux » pour me juger. L’intime conviction, c’est bien comme cela qu’ils ont défini le tour de passe-passe qui m’a expédié douze ans au placard. Oui… douze piges loin du monde, avec pour unique horizon les mailles d’un treillis métallique vissé à la fenêtre, quadrillage de mon ciel pour ces années de réclusion. Pas un mot à dire ! Qui m’a écouté lorsque je leur ai dit, crié, hurlé que je ne savais rien. Ma seule faute… avoir été éperdument amoureuse d’un homme que je croyais bien sous tous rapports.
    
    Trois hommes, trois femmes et les trois robes des juges ! Je suis ...
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