1. L'expiation


    Datte: 16/06/2026, Catégories: #biographie, #psychologie, #société, #drame, #nonérotique, #confession, #personnages, Auteur: Jane Does, Source: Revebebe

    ... debout face à ceux-là. Et J’écoute… Vingt-cinq ans de réclusion criminelle pour Patrick… et fatalement moi, je suis devenue par la force des choses sa complice, puisque je vivais avec lui. Donc je devais être au courant, pire, je cachais sûrement ses turpitudes. Et… ça me tombe comme une chape de plomb sur les épaules, ça me secoue toute entière de l’intérieur. Douze années pour complicité… douze ans à végéter, sans plus vraiment vivre. Je suis abasourdie et mon avocate qui me tapote sur la main, qui veut me réconforter.
    
    — Ne vous inquiétez pas, Cécile ! Nous allons faire appel de la décision… nous allons vous sortir de là…
    
    Je n’ai pas mon mot à dire ! Qui me croirait d’abord ? Et puis ce monde est fou. Parce que je vis avec un type qui fait de vilaines actions, je suis automatiquement sa complice. La société doit se protéger des vilains braqueurs… mais je n’ai rien à voir dans tout cela, moi ! Je ne suis qu’une femme qui est tombée amoureuse d’un menteur, d’un voleur aussi. Et… voilà, dans le fourgon qui me ramène à ce cube de trois mètres sur quatre que je partage depuis deux ans déjà avec une autre femme, ma tête ne veut pas admettre la triste réalité. Comment c’est possible ça ? Douze ans… alors, je vais encore rester dans mon trou cent vingt mois ? Je ne veux pas y croire… et pourtant !
    
    Deux ans après le premier procès
    
    Les têtes ont changé, mais les mots restent les mêmes. Les gens qui défilent se contredisent, et les versions ne sont plus aussi ...
    ... claires, du moins en ce qui me concerne. Mais je n’ai jamais la parole ou alors, c’est pour m’invectiver, et me montrer sous un jour plus que lunaire. Je n’ai rien à voir avec celle dont ces pseudo-amies tracent un portrait peu flatteur. Le conseil de la banque que Patrick a détroussée, il met une hargne sans borne à me démolir, et qu’ai-je comme arme pour démontrer ma bonne foi ? Dès que je parle, je suis immédiatement harcelée par ce gars en robe noire. Et le résultat, s’il n’est pas pire lors de cet appel, n’est pas davantage à mon avantage. Les douze apôtres de la bien-pensante société alourdissent la peine de Patrick.
    
    La mienne est stable et les douze ans sont confirmés. Retour dans mon prisme de béton avant un transfert sur une prison pour femmes. Rennes… je n’en connais toujours que les murs lépreux et les nuages hachurés que la baie vitrée de ma cellule me laisse entrevoir. C’est fini, je me fane au rythme d’une vie carcérale inexorablement lente. Et je ne sais plus rien du monde de dehors. Il est loin le temps des danses, des restaurants et des petites et grandes joies. Ici, c’est appel le matin et le soir, c’est café, déjeuner et dîner, c’est l’exaspérante descente aux enfers. Pas de visite, puisque pas d’amis, pas de famille non plus, un univers dans lequel je végète et une routine qui frôle l’indifférence. Dans ces lieux, aucune d’entre nous n’est plus une femme, seulement un numéro d’écrou. Et… la déshumanisation prend tout son sens jour après jour, heure par ...
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