1. L'expiation


    Datte: 16/06/2026, Catégories: #biographie, #psychologie, #société, #drame, #nonérotique, #confession, #personnages, Auteur: Jane Does, Source: Revebebe

    ... vous dénicher un point de chute, un logement, un travail également. De quoi reprendre le cours normal d’une vie, un moment interrompu.
    — Un long, très long moment alors. À tel point que je ne compte même plus les jours qu’il me reste à tirer ici.
    — Ben… d’après le courrier que j’ai là, vous devriez être élargie dans six semaines. Ce qui ne nous laisse que bien peu de temps pour réagir. Mais c’est à vous de décider.
    — À moi… vous avez dit à moi ? J’ai dû rater un épisode là ! Depuis des années, tout le monde décide pour moi, ce que je dois faire, comment je dois vivre et d’un coup, l’infantilisation se lève et je dois réfléchir à ce qui va m’arriver hors de ces murs ? Je me débrouillerai seule, si je sors de la ratière… parce que, pour les coups tordus, les tribunaux et les juges sont forts…
    — Comme vous voulez, Cécile ! Mais j’ai fait ce que j’ai pu… et je ne peux pas vous forcer la main… voilà ! Pour fin novembre, vous devriez sortir de prison… et reprendre une existence plus normalisée.
    — Fin novembre ? C’est ce qui est écrit sur votre papier ?
    — Vous n’êtes pas au courant ? Vous n’êtes donc pas pressée de revoir la lumière autrement que par une fenêtre avec des barreaux ?
    — Il y a longtemps que j’ai oublié le mot espoir… merci de vous être déplacé, maître… mais franchement, ce n’était pas nécessaire.
    
    La semaine précédant l’élargissement
    
    Je fais désormais des cauchemars toutes les nuits. Je me réveille en sueur, et j’ai les grillons, des papillons dans le ...
    ... ventre. J’ai peut-être été trop conne d’avoir refusé l’aide de ma baveuse. Plus le moment fatidique approche et moins je suis sereine. C’est comment là, juste de l’autre côté de ce mur qui me bouche la vue ? Et puis, tant de choses ont dû changer ! Comment vais-je gérer cette sortie ? Aline, la gamelleuse, m’a filé l’adresse d’un curé. Il va peut-être me filer un coup de main pour me loger, au moins les premiers jours. Mais je n’ai plus les codes de cette société qui doit être terriblement différente de celle que j’ai connue… Bon sang ! J’ai la trouille pour de bon, de cet inconnu qui m’attend. Des années que d’autres veillent sur moi, sur mon sommeil, ma santé et me nourrissent.
    
    Comment vais-je me débrouiller pour la bouffe dehors ? Et puis c’est drôle aussi, comme le fait de vivre en recluse m’a totalement changé, dans tout. Ma façon de penser aussi s’est complètement chamboulée au fil des mois, des ans. Pour un peu, je collerais une beigne à la plus gentille des matonnes juste pour que la cage se referme encore et encore sur moi. Mais, bien entendu que je ne vais pas oser… elles ne sont là que pour faire leur boulot. On leur a dit que j’étais coupable et ma foi, leur taf, c’est de me garder dans les meilleures conditions possible, avec les moyens du bord. Mes états d’âme, tout le monde s’en cogne. Sauf Aline qui se range à mes arguments… nous discutons presque tous les soirs un bon moment, le nez à la grille et aux barreaux. Je lui ai promis de lui écrire, de lui envoyer ...
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