1. L'expiation


    Datte: 16/06/2026, Catégories: #biographie, #psychologie, #société, #drame, #nonérotique, #confession, #personnages, Auteur: Jane Does, Source: Revebebe

    ... chassés… par une servante. Entrez, madame… vous êtes la bienvenue… n’est-ce pas Mathilde ? Venez, mon enfant !
    
    Merde ! Ce curé, il est trop jeune et l’entendre m’appeler mon enfant… ça me fait tout bizarre. Comment un gamin peut-il me venir en aide ? Et comment Aline peut-elle connaître ce jeune loup, dans les ordres ou pas ? Il a mis sa main sur mon bras et la gardienne du temple s’efface, mais ses prunelles me lancent des éclairs. Décidément, je ne suis pas dans les petits papiers de cette nana. L’intérieur de la cure n’a rien de cossu. Sobrement meublée, la pièce dans laquelle le prêtre m’entraîne comporte une longue table de bois verni, six chaises autour et un âtre dans lequel des cendres attestent de la présence d’un feu récent.
    
    — Asseyez-vous et racontez-moi ce qui vous amène…
    — Mon père… je…
    — Vous voulez boire un peu d’eau ? Mathilde, apportez-nous un broc d’eau et des verres… il ne sera pas dit que, dans notre maison, les visiteurs ne sont pas les bienvenus, quels qu’ils soient, vous comprenez Mathilde ?
    
    Elle bougonne, sans pour autant que ce soit clair et distinct. Je prends place donc sur le siège qui, par bien des aspects, me rappelle le tabouret de ma cellule.
    
    — J’ai eu… votre adresse par Aline, mon père !
    — Aline… pauvre pécheresse… alors, je suppose que vous aussi avez expiée longtemps…
    — Je suis sortie ce matin… et ne sais pas trop ce que je dois faire.
    — Aline a très bien fait. Elle aussi est attendue, un jour chez nous. De quoi avez-vous ...
    ... besoin, dites-le-moi ? Et ne craignez rien, cette maison est sous la garde du seigneur… Mathilde ne fait que me défendre, c’est une gentille servante de mon ministère. Elle va se radoucir… alors, je vous écoute… dites-moi votre nom !
    — Cécile, mon père… et j’ai…
    — Chut ! Dieu sait ce qui vous est arrivé ! Et je ne suis qu’un insignifiant soldat de sa foi, je n’ai pas à vous juger. Les hommes l’ont déjà fait, et si vous êtes ici, c’est vraisemblablement parce que d’une part, vous avez payé votre dette à la société et parce que c’est la volonté de notre seigneur. Lui seul connaît le destin qu’il vous réserve. Je n’ai pas à savoir ce qui vous a écarté du monde… j’accueille chez moi toutes les âmes et les bonnes volontés… c’est aussi simple que cela.
    
    La dénommée Mathilde est au bout de la table, elle verse de l’eau d’une cruche dans des verres. Ses yeux me sondent, me traquent aussi. Mais elle ne prononce plus un mot. Le père Étienne reprend la parole.
    
    — Si Aline vous envoie vers moi, c’est pour un toit… et peut-être du travail !
    — Oui… nous n’en avons pas vraiment discuté… de là où je viens, les murs ont de trop longues oreilles…
    — Je sais bien ! Mathilde va vous préparer une chambre et vous y serez chez vous pour le temps qu’il vous faudra pour vous relever. Pour le travail, ça risque d’être un peu plus complexe, mais je vais vous dénicher cela… vous êtes prête à vous relever les manches ?
    — Oui… oui, bien sûr ! Je n’ai guère le choix, non plus. N’importe quoi fera ...