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L'expiation
Datte: 16/06/2026, Catégories: #biographie, #psychologie, #société, #drame, #nonérotique, #confession, #personnages, Auteur: Jane Does, Source: Revebebe
... baisse les yeux en me sentant rougir. Mais le type qui m’offre le jus ne se démoralise pas. Et il laisse tomber d’un ton neutre. — Si vous êtes là, c’est que vous avez payé votre dette à la société. Je comprends mieux votre besoin d’aller voir un prêtre. Vous cherchez un asile, c’est cela ? — Oui… j’ai besoin de me poser et de retrouver des marques dans ce monde qui est si… bouleversé. Des années, et même l’argent n’est plus le même… Maintenant, tout est… rien de ce que je connaissais n’est pareil. Les voitures… les habits des gens, je suis complètement larguée… — Bon… je vous garde avec moi la matinée, nous nous baladons en ville et après le déjeuner, je vous embarque chez votre père machin chose… Ça vous va ? Pas de proposition malhonnête, juste un petit moment à passer ensemble et faire connaissance. Je suppose que vous ne savez pas grand-chose de Rennes ? — Ben… je me situe mal dans l’espace. Vous savez, une piaule de trois mètres sur quatre durant presque une décennie, ça rend la ville immense et pleine de pièges. — Allez, venez ! Allons nous balader. Mais avant, vous voulez déposer vos affaires dans ma voiture ? — Euh… — Hé, je ne suis pas un voleur… Il se rend compte soudain de l’incongruité de ses paroles et ne sait plus comment se rattraper. Il s’empêtre dans des explications vaseuses que je n’écoute pas vraiment. Et je me retrouve sur un trottoir, mais avec ce gars à mes côtés… j’avoue que sans savoir trop pourquoi, ça me rassure. Il sait où il va et ...
... surtout, il montre une certaine habitude à se promener dans cette faune citadine qui me file le bourdon. Je visite la ville et il me décrit avec une aisance spontanée tous ces monuments qui me sont étrangers. Le sablier continue de laisser le temps couler. Les cloches… elles se mettent à carillonner et il stoppe ma visite guidée. — Bon ! Cécile… il est l’heure de nous restaurer et après cela, je vous emmène à confesse… — À confesse ? — Ben, chez votre curé… quoi ! Je ne suis pas très porté sur la foi. — Une autre détenue m’a donné cette adresse ! Il devrait pouvoir me donner un gîte un moment. Je dois absolument me réacclimater à ce qui m’entoure. Pour moi, chaque pas entraîne une nouvelle découverte… je ne sais plus vivre comme tout le monde. — Vous êtes certaine qu’un prêtre est le mieux placé pour vous remettre en selle dans la vie ? Les curés et autres gens d’Église vivent eux aussi un peu en marge de la société finalement. — Je n’ai guère d’autre choix… — Ouais ? Les services pénitentiaires ne s’occupent donc pas des gens que ce que nous nommons : « la société » met à l’écart ? — Je ne veux plus jamais avoir à faire avec les personnes de l’administration, les juges et autres engeances de cet acabit. — Vous haïssez tant que cela ce monde qui vous a jugé ? — Jugée ? Voilà bien le seul mot qui n’est pas réel dans ce fatras de bêtises… jugée… coupable surtout sans chercher à écouter, à comprendre… — … vous me raconterez tout ceci devant une assiette pleine, c’est ...