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L'ours : un cri dans les bois.
Datte: 11/06/2026, Catégories: #fantastique, #confession, bizarre, forêt, amour, fsoumise, cérébral, zoo, Auteur: Dick Laurent, Source: Revebebe
... l’animal. Une photo sépia représentant l’étrange équipage illustrait l’article. On dit que la femme serait morte de froid lors d’un hiver particulièrement rude. C’était la preuve que je cherchais. Non, je ne devenais pas folle, des cas semblables au mien avaient existé. Le récit disait que l’animal semblait exercer une attirance particulière sur les femmes et pouvait se montrer agressif envers les hommes, ce qui précipita sa perte. Il fut abattu par un groupe de chasseurs alors qu’il avait brisé ses chaînes et terrorisé tout un village. J’avais entendu un bruit, c’était le matin, il était tôt. Au départ, je ne l’ai pas reconnu. Ses deux mains encadrant sa tête, il essayait de voir à l’intérieur de la maison. C’était Léo, le cousin d’Alban. J’ai ouvert. — Excuse-moi de t’avoir fait peur. J’ai frappé pourtant, mais ça ne répondait pas. — T’aurais pu attendre ! J’étais de méchante humeur. — J’suis venu voir Alban pour lui emprunter sa tronçonneuse. — Alban n’est pas là. Il est parti pour une quinzaine. De toute façon, Il n’aime pas trop prêter son matériel. Son regard clair m’a mise à nue de haut en bas avec morgue. J’étais pieds nus, je portais un tee-shirt long et ample qui m’arrivait à mi-cuisses. Son regard était ironique. — Bon, ben je vais l’appeler alors. Il a pris son téléphone et a joint Alban. Ils discutaient et mettaient les choses au point. Finalement, il m’a passé Alban qui m’a dit qu’il était OK. — Tu vois, c’était pas nécessaire d’en ...
... faire tout un plat. Léo me mettait mal à l’aise. C’était un ancien militaire reconverti dans la sécurité, il exhibait volontiers ses muscles et ses tatouages. Malgré ou à cause de cela, il attirait l’attention des femmes. Il avait le charme indéfinissable et le magnétisme d’un fruit inaccessible et suffisamment tentant pour qu’on aille chercher un tabouret, qu’on s’y hisse sur la pointe des pieds afin de le cueillir au risque de perdre l’équilibre. Il ne faisait rien pour séduire, mais on était prêtes à prendre des risques pour l’avoir. Heureusement, il ne venait pas souvent. Il passait juste voir sa mère entre deux missions. Il a regardé la forêt, attentivement, fixement comme s’il avait vu quelque chose. Il s’est tourné vers moi. — T’as du feu ? Il venait de sortir une clope. Je lui ai tendu mon briquet. Il m’en a proposé une. On a fumé ensemble, en silence comme pour signer un pacte de non-agression. — Café ? lui ai-je proposé. — Je dis pas non. Il est entré dans la cuisine. — Si jamais t’as besoin, je suis là… — Et j’aurais besoin de quoi ? — Tu le sais aussi bien que moi… J’ai fait l’armée, je sens ses choses là. On s’est regardés. Je me sentais fragile, et lui, sûr de lui. Il a encore regardé la forêt, là où j’avais vu l’ours. Il a hoché la tête. — Il est là pour toi. Il ne te lâchera pas. Il n’y a pas trente-six manières de résoudre le problème. Moi je peux… Je m’approchais de ma table avec la cafetière. Il a posé sa main sur l’intérieur de ...