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L'ours : un cri dans les bois.
Datte: 11/06/2026, Catégories: #fantastique, #confession, bizarre, forêt, amour, fsoumise, cérébral, zoo, Auteur: Dick Laurent, Source: Revebebe
... lève. Alban était sur un chantier pour la semaine et ce jour-là j’étais en repos. J’avais décidé d’avoir le cœur net. J’ai rempli un thermos de café et enfilé une salopette à même ma peau. Dessous j’avais seulement ma culotte noire. J’ai aussi enfilé un pull chaud, pris une paire de jumelles. Ma voiture roulait maintenant au pas sur un sentier escarpé qui menait en haut de la colline. J’entendais mes pneus qui crissaient sur les pierres du chemin. Je faisais attention de ne pas m’enfoncer dans une ornière. J’étais tendue, mon cœur battait fort dans ma poitrine. J’ai arrêté l’auto à la limite des sapins puis j’ai continué à pied jusqu’au sommet. Quand le brouillard s’est dissipé, j’ai pu distinguer d’en haut, les bois, les prairies, le toit de la maison, et en bas, le village qui semblait figé au ralenti. Avec les jumelles, je me concentrais vers les lieux où je pourrais voir la bête. L’attente semblait infinie. Je me faisais chier, ma quête était insensée. J’ai pris un café, trop chaud, trop amer, trop noir. J’ai repris mon observation. J’ai cru observer un mouvement suspect. J’ai tenté nerveusement une mise au point. La masse de fourrure brune est enfin apparue dans les jumelles, il s’agissait bien d’un ours. Je n’avais pas rêvé. L’animal qui hantait mes nuits était bien là. Paisible et lent, à la limite des arbres. Il se déplaçait lentement sûr de lui. Sa présence naturelle donnait un sens au territoire qu’il arpentait. La présence humaine sur ces lieux n’était qu’une ...
... intrusion sur un territoire qui lui appartenait et sur lequel il régnait de sa présence physique et aussi de sa puissance mentale qu’il imposait à la nature et aussi aux êtres vivants qu’il croisait. Tout cela est devenu une évidence. J’étais à la fois fascinée et angoissée. Quelque chose devait advenir. Plus tard, je me suis rendue dans la forêt, non loin d’où j’avais vu l’apparition. J’avais pris dans mon sac une corne à brume objet dérisoire pour détourner l’intrus en cas de rencontre. Il y avait à cet endroit une cabane où bûcherons et chasseurs entreposaient parfois du matériel. Il y avait dedans quelques cognées et coins de forestier et aussi un pack de bière entamé sur lequel était inscrit le nom de « Pierrot ». Il y avait aussi un barbecue, une bassine, des couverts, une table, des vieilles chaises. Bref, il s’agissait d’un lieu où des hommes se retrouvaient parfois, lieu de convivialité, de travail. Je savais où c’était, mais je n’y avait pas mis les pieds, comme aucune femme d’ailleurs. J’ai vite refermé la porte, je me suis attardée sur l’environnement de la cabane. Certains arbres portaient des traces de griffures récentes, preuve, s’il en est, que l’ours y était venu. Les griffures étaient profondes et témoignaient de la puissance de l’animal. Plus loin, il y avait un empilement de déchets des cartons des bouteilles vides des carcasses et aussi des guenilles des restes de couvertures et de vêtements. Ils étaient déchiquetés, quelque chose s’était acharné sur ces ...