1. L'ours : un cri dans les bois.


    Datte: 11/06/2026, Catégories: #fantastique, #confession, bizarre, forêt, amour, fsoumise, cérébral, zoo, Auteur: Dick Laurent, Source: Revebebe

    ... passage selon la même procédure. La culpabilité s’est petit à petit effacée. Tout cela faisait partie intégrante de ma vie. C’était sans compter l’irruption de l’Ours autour de ma maison.
    
    Je ne sais pourquoi, je suis dans la chambre du haut, je suis assise sur le parquet. Je vois très bien les lattes de celui-ci. Je suis quasiment nue, j’ai seulement gardé une chemise, elle est ouverte devant, je suis adossée au mur, j’ai les jambes écartées, j’ai peur. Tous les bruits de la maison me parviennent, menaçants. Que fais-je là ? Il faut que je ferme les portes, les fenêtres, je le sais. Je suis paralysée. Aucun de mes muscles ne répond. Je ne peux pas étendre mes jambes, mon corps ne répond plus. Les bruits sont diffus, mais je sais qu’ils sont menaçants. Je parviens à déployer une phalange au bout d’un temps infini et au prix d’un effort de volonté surhumain. Je suis maintenant debout, je me déplace lentement. Je suis maintenant une petite fille en pyjama. Je me vois de l’extérieur. Mes déplacements sont plus faciles, mais je perçois toujours la présence angoissante hostile qui plane autour de moi. Je ne m’appartiens plus. Je marche vers un destin funeste, pourtant, je voudrais pouvoir m’échapper. Ma vigilance m’a échappé, je suis revenue contre le mur, assise impuissante, je suis redevenue moi-même. Je ne pourrai pas échapper à mon destin. La bête se dresse à la porte, debout sur ses pattes de derrière, la gueule ouverte. Elle se jette sur moi dans un hurlement et un ...
    ... déchaînement de violence animale qui me déchiquette. Je suis résignée. Je crie. Je me réveille en sueur hagarde.
    
    Tout est calme, Alban dort paisiblement à mes côtés. La peur ne m’a pas quittée. Je me lève. J’écoute le silence. Rien. Tout s’est passé dans mon cauchemar et pourtant tous les détails sont gravés en moi. La cigarette que j’ai allumée m’a apaisée. J’essaye alors de domestiquer les étranges images et sensations qui m’ont envahie. D’où provient cette terreur ? Les bruits de la nuit sont paisibles. Un calme qui sonne faux et qui précède l’horreur.
    
    — Putain, tu te fais un film, ma fille !
    
    Ma voix sonne faux, comme le réel autour de moi.
    
    — Qu’est-ce qui t’arrive ? Tu vires dingue ?
    
    Sur mon bras, il y a une étrange griffure. D’où vient-elle ? Mon sexe aussi. Une étrange substance s’en écoule, bien plus épaisse que la mouille, comme si dans mon sommeil une créature étrange avait essayé de me féconder. Je me rends à l’étage dans la pièce où s’est déroulé mon rêve. Rien, tout est normal. Tous les détails sont gravés en moi, présents, même dans la journée. Je suis persuadée qu’il s’agit d’une prémonition. À chaque fois que je suis seule à la maison, je sais que le cauchemar peut reprendre si je me laisse aller. Je suis vigilante à chaque rêverie et pourtant plusieurs fois j’ai senti la réalité basculer, et l’horreur toute proche m’emporter.
    
    Je m’étais levée tôt dans ce matin-là, le jour était à peine levé. Il faudrait au moins une heure pour que le brouillard se ...
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