1. Crépuscule


    Datte: 02/06/2026, Catégories: #sciencefiction, #dystopie, fh, campagne, dispute, Auteur: Amateur de Blues, Source: Revebebe

    ... beaucoup plus tôt que prévu. Nous étions sur l’autoroute quand le gros Eddy s’est retourné pour regarder les prisonniers avant de me dire :
    
    — C’est quand même dommage de balancer ça à la mer. Tu ne crois pas qu’on devrait faire un arrêt en route pour baiser cette garce ? On en ferait profiter toute l’équipe.
    
    Je n’ai pas répondu. J’ai sorti mon arme de ma ceinture et lui ai explosé la tête à bout portant en conduisant d’une main. Sans me retourner, j’ai descendu le milicien qui devait paniquer à essayer de décoincer son PM d’entre ses jambes. J’ai accéléré et renversé un des deux motards, raté l’autre qui s’est pris la glissière de sécurité.
    
    — Couchez-vous sur le siège ! ai-je dit aussi calmement que possible. On risque des rafales venues de l’arrière.
    
    La voiture de suivi a perdu du terrain en freinant pour éviter le motard que j’avais percuté, j’avais la voiture la plus puissante et le pied écrasé sur l’accélérateur. Je suis donc arrivé au prochain péage avec une longueur d’avance et je suis sorti de l’autoroute en explosant la barrière, comme dans les films d’action. C’était un bon début, mais je n’avais pas d’idée pour la suite. Mon plan était plus subtil que ça et on ne devait pas avoir toutes les forces de police à nos trousses.
    
    Au premier rond-point, je vis un panneau : « Gare SNCF », et j’ai pris cette direction. En même temps, j’ai fouillé d’une main la poche dégueulasse du cadavre à côté de moi et lancé la clé des menottes à mes passagers.
    
    — ...
    ... Détachez-vous, s’il vous plaît, et essayez de vérifier que vous n’avez pas trop de sang sur vous. Nous allons prendre le train.
    
    Ils ne disaient rien, ne se parlaient pas non plus entre eux. Je n’étais pas très sûr de ce qu’ils pensaient de l’action en cours, mais ce n’était pas le moment d’en discuter. Je me suis garé sur le parvis de la gare. J’ai sorti ma carte d’agent des forces spéciales pour arrêter un grouillot à casquette qui venait à notre rencontre. J’ai pris Héloïse par la main parce que je trouvais qu’elle ne marchait pas assez vite et je l’ai tirée derrière moi. Nous avons grimpé dans un train à quai qui heureusement partait presque aussitôt.
    
    Nous avons changé de train trois fois et mis plus de quatre heures pour arriver à la gare la plus proche de la bergerie paternelle. Pendant tout ce temps, le silence a régné entre nous. Je les regardais l’un et l’autre, mais surtout elle et ils regardaient par la fenêtre, ou bien ils essayaient de lire les consignes affichées dans les compartiments. Étrange balade…
    
    Depuis la gare, il y avait au moins trois heures de marche jusqu’à la bergerie et l’après-midi tirait déjà à sa fin. J’ai loué une voiture dans un garage et nous sommes arrivés à la lueur des phares. Je possédais cette maison depuis trois ans, mais je n’y venais que pour la seconde fois. Heureusement, lors de mon premier passage, l’été dernier, j’avais investi dans des bouteilles de gaz, des ustensiles de cuisine, des draps et des couvertures, des boîtes de ...
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