1. Crépuscule


    Datte: 02/06/2026, Catégories: #sciencefiction, #dystopie, fh, campagne, dispute, Auteur: Amateur de Blues, Source: Revebebe

    ... conserve et du bois de chauffage.
    
    Après un temps d’installation où mes deux invités restaient debout au milieu de la pièce pendant que je m’activais autour d’eux, nous nous retrouvâmes autour de la grande table en chêne, des bols de raviolis devant nous. Le fait qu’ils ne communiquent pas entre eux me dérangeait profondément, comme s’ils répugnaient de s’adresser la parole devant moi.
    
    — J’essaye toujours de percer le mystère de votre couple, dis-je alors, mais je ne comprends rien. Vous n’avez pas envie de tomber dans les bras l’un de l’autre, de vous demander si vous allez bien, ou je ne sais ce qu’on peut se dire quand on est marié depuis douze ans ?
    — Vous savez vraiment tout sur nous, hein ? répondit Julien. Mais peut-être qu’on n’a pas envie de tenir des propos intimes devant un tueur.
    — Julien ! s’exclama Héloïse.
    
    Puis elle éclata en sanglots et son connard de mari ne posa même pas une main sur son épaule.
    
    — Je suis désolé, ai-je dit alors. Vous avez effectivement besoin d’intimité. La chambre à droite est pour vous, il y a des draps propres dans le lit. Je vais traîner un peu devant la cheminée et aller me coucher dans la mezzanine. Il faut qu’on parle de la suite, mais ça peut attendre demain.
    
    Le lendemain fut un autre jour, quelque chose de vraiment spécial, qui restera, et pour cause, la journée la plus importante de ma vie. Dès le petit déjeuner, en fait une simple boîte de sardines et une tasse de café soluble, nous abordâmes la question de ...
    ... l’avenir.
    
    — Nous pouvons rester ici quelques jours, dis-je, peut-être une semaine, mais pas plus. Ils finiront bien par savoir que je possède cet endroit et ils viendront voir.
    — Nous ne resterons pas, répondit Julien avec un ton sec. Je n’accepte pas de devoir l’hospitalité à quelqu’un comme vous. Je n’accepte pas de devoir la vie à quelqu’un comme vous, mais je n’ai pas le choix. Par contre, je vais partir dès que possible, c’est-à-dire demain.
    — Vous avez des idées pour la suite ?
    — Ce n’est pas les idées qui manquent, mais je ne vais pas en discuter avec l’homme qui est venu m’arrêter, cela me semble si évident que je ne comprends pas que vous posiez la question.
    — Bon, et vous, Héloïse ? Vous n’êtes pas obligée de suivre ce crétin qui court droit à la mort.
    — Taisez-vous tous les deux, dit la jeune femme d’une voix calme. Vous dites n’importe quoi. De toute façon, nous sommes déjà tous morts au moins une fois. Et la suivante est pour bientôt.
    
    Les choses étant dites clairement, nous pûmes vaquer chacun à nos occupations pour le reste de la journée. Pour moi, c’était fendre du bois pour chauffer la maison, nettoyer la source et ramener de l’eau fraîche à la cuisine, retrouver le stock de bougies que je savais avoir acheté, mais que je ne trouvais plus. Le professeur resta allongé sur mon lit à peu près toute la journée. Sa femme fut plus active, mais cela me dérangea plus qu’autre chose. En effet, elle fit du ménage dans la cuisine et dans la pièce commune puis elle ...
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