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Crépuscule
Datte: 02/06/2026, Catégories: #sciencefiction, #dystopie, fh, campagne, dispute, Auteur: Amateur de Blues, Source: Revebebe
... vais vous demander encore une chose, si vous voulez bien. Je voudrais m’allonger sur le canapé et poser ma tête sur vos genoux. — Et je suis libre de ma réponse ? — Oui, vous l’êtes. — Alors c’est non. Je ne veux aucune intimité avec vous. Je me suis ridiculisée dans votre bureau en vous proposant mon corps et vous avez dit que si vous en aviez envie, vous pouviez vous servir. Maintenant, il faudrait en plus que je dise que cela me ferait plaisir. C’est non, monsieur. Je ne sais même pas votre nom. — Fabrice Del Dongo. — À vrai dire, cela ne m’intéresse pas vraiment. — Je suis désolé, Héloïse. Nous avons une rude journée demain. Aussi, je vous propose de vous retirer dans ma chambre, en fermant la porte à clé, pour notre tranquillité à tous les deux. Quand je fus seul, je m’effondrai en sanglots. Je n’avais jamais pleuré au cours de ma vie adulte. Aucune émotion ne m’avait semblé mériter un tel laisser-aller. Les derniers sanglots dont je me souvienne, c’est lorsque ma grand-mère m’a annoncé que je ne reverrais plus ma mère, qu’elle était morte. Mais c’était des larmes de rage, j’en voulais au monde entier et particulièrement à ma grand-mère que j’avais essayé de battre. Ce soir-là, avec un nouveau verre d’alcool devant moi, je pleurais mon destin, mon incapacité à ce que quelqu’un m’aime un jour, ma vie inutile et vaine. Tout cela était d’une bouffonnerie, je m’apitoyais sur moi-même pour la première fois et cela ne m’était d’aucun réconfort. Est-ce la peine de ...
... dire que j’ai passé une nuit épouvantable ? Nous sommes partis de bonne heure. J’ai remis les menottes à Héloïse et elle a été stoïque, ni pleine d’espoir, ni effrayée. Je crois qu’elle avait pris son parti de la mort à venir et je pensais que c’était probablement plus sage. L’équipe était à l’heure au rendez-vous et nous avons pu récupérer Julien Sorel assez vite et quitter la ville. La procédure de liquidation par avion était assez bien rodée et c’était toujours la même équipe qui officiait. Pour le trajet jusqu’à l’aéroport, deux motards ouvraient la route. Nous suivions dans un premier véhicule. D’habitude, c’est Eddy qui conduisait, mais j’avais demandé à prendre le volant et il n’avait pas fait de problème. Il était assis à côté de moi et ne sentait pas très bon comme à son habitude. Je n’aimais pas Eddy, mais il était efficace et soumis et c’était souvent pratique de l’avoir avec moi. Pas ce jour-là, à vrai dire. Les deux prisonniers étaient à l’arrière, menottés avec un agent entre eux, un jeune en uniforme noir de la milice citoyenne avec des boutons d’acné sur le visage. Julien et Héloïse s’étaient regardés intensément quand ils s’étaient retrouvés face à face, mais ils n’avaient pas échangé un mot. Héloïse était toujours parfaite, pas la moindre fausse note. Cette femme me rendait dingue. Derrière nous, une voiture fermait la marche avec quatre miliciens à l’intérieur. J’avais un plan. Je croyais avoir tout prévu, mais pas l’humour d’Eddy et j’ai dû improviser ...