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Crépuscule
Datte: 02/06/2026, Catégories: #sciencefiction, #dystopie, fh, campagne, dispute, Auteur: Amateur de Blues, Source: Revebebe
... dire. Je m’en moquais. Si la guerre était le moyen de faire tenir les gens tranquilles, j’étais pour la guerre, du moment que personne ne m’obligeait à y participer. Mais je comprenais le danger de ce discours s’il avait la possibilité de se diffuser largement. C’est pourquoi j’étais ce matin-là au domicile de monsieur Sorel avec une trentaine d’hommes, entraînés et surarmés. Ce pauvre homme portait des costumes en velours côtelé avec des renforts en cuir aux coudes, mais je n’aimais pas les surprises. Il habitait une maison un peu à l’écart de tout, dans un hameau à une trentaine de kilomètres de la ville. Mes hommes ont investi la villa sans problème et le commissaire m’a indiqué que tout était sous contrôle et que je pouvais entrer. Le professeur Sorel était bien là, gémissant sur un tapis persan taché de sang frais, des menottes enserrant ses poignets derrière son dos. Sa femme était présente également, plaquée contre un mur, le visage en larmes et les mains sur la tête. Dès cet instant, j’ai su que quelque chose n’allait pas. Je ne parvenais pas à regarder cette femme en face. Il y avait dans son visage un je ne sais quoi qui me troublait, comme si c’était une chose que je cherchais depuis toujours et que je ne m’attendais plus à trouver ou en tout cas pas ici. Mais j’étais incapable de comprendre de quoi il s’agissait et surtout incapable d’y réfléchir. Nous étions en pleine opération. Si nous voulions être discrets et c’est ce que nous souhaitions, ces gens-là ...
... devaient disparaître de la surface de la Terre en moins de vingt minutes. Nous avions repris la vieille technique des Argentins qui nous convenait parfaitement. Un jet nous attendait sur le tarmac de l’aéroport voisin. Déstabilisé, je sortis de la pièce pour reprendre une contenance et entrai dans le bureau du professeur. Deux de mes agents triaient ses papiers à grande vitesse. L’information est le moteur de notre métier. Nous devons tout savoir pour avoir toujours une longueur d’avance. J’indiquai les livres sur les rayonnages à un agent et lui demandait de tout embarquer avant de mettre le feu à la baraque. Officiellement, je me devais de lire leurs livres pour comprendre leurs théories subversives. En réalité, les livres étaient des objets qui m’attiraient considérablement. Certains avaient été écrits plusieurs siècles auparavant et plus personne ne connaissait leurs auteurs, mais leur contenu était toujours d’actualité dans le monde d’aujourd’hui. Cela me fascinait. Mais les livres n’étaient pas mon problème. Je convoquai le commissaire dans le bureau, fis sortir les autres et fermai la porte. — Eddy, changement de programme. Tu mets le type aux oubliettes jusqu’à nouvel ordre. Tu emmènes la femme dans mon bureau. Tu t’en occupes, toi, seul, et tu seras seul responsable des problèmes qu’il pourrait y avoir. Rien dans le compte-rendu d’opération. Tu écriras que le type était seul et qu’on le garde à fin d’interrogatoire. — On peut savoir… — Non. Je retrouvais ...