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Crépuscule
Datte: 02/06/2026, Catégories: #sciencefiction, #dystopie, fh, campagne, dispute, Auteur: Amateur de Blues, Source: Revebebe
... parler pour que nous arrivions à quelque chose. — Ma femme ? dit-il surpris, dressant d’un coup la tête et me montrant son visage tuméfié. — Madame Sorel se fait beaucoup de souci pour votre situation et elle a probablement raison. Vous êtes un ennemi du régime et personne ne souhaite un procès public dans ce genre de cas. Mais peut-être avez-vous des informations qui intéressent nos services en échange de votre vie ? — Où est Héloïse ? Que lui avez-vous fait ? — Nous en parlerons plus tard, je crois. Répondez d’abord à ma question. — Des informations, hein ? Si vous me torturez, je dirai peut-être quelque chose. On ne sait jamais le courage qu’on peut avoir dans de telles situations, mais sans torture, vous n’obtiendrez rien. — En fait, nous savons déjà tout ce que nous voulions savoir, qui vous édite, qui diffuse ces écrits, qui sont vos compagnons du parlement clandestin. Ce qui m’intéresse, personnellement je dirais, ce serait de comprendre comment vous avez pu vous mettre dans cette situation. Vous saviez que forcément, un jour ou l’autre, vous alliez tomber. Votre clandestinité était si peu clandestine. J’ai assisté à plusieurs de vos conférences, vous savez. À la dernière, avant-hier, vous avez dit aux jeunes idéalistes que vous aviez réunis que vous alliez probablement disparaître bientôt et qu’ils devraient prendre le relais. Alors quand on sait, pourquoi ne pas abandonner ? — On ne peut pas, dit-il dans un souffle. Quand on croit à quelque chose, on ne peut ...
... pas. Je ne peux pas laisser mourir le monde, je préfère que ce soit moi qui meurs. — Vous, c’est une chose, monsieur Sorel, mais aviez-vous le droit d’entraîner votre femme avec vous dans cette folie ? De quoi est-elle coupable, votre femme ? Vous n’auriez pas dû penser à elle ? — Tout le temps, murmurait-il, je pensais à elle tout le temps. Je l’ai suppliée de partir, de me laisser continuer seul, nous en avons parlé des dizaines de fois, mais Héloïse est très têtue. Et j’avais beau dire le contraire, elle savait que j’avais besoin d’elle pour me tenir debout. — Besoin d’elle, hein ? Besoin d’elle, pourquoi ? Pour le sexe ? Pour la cuisine ? — Vous êtes ignoble. Cela ne vous regarde pas. — Si. Je crois que ça me regarde. Je vais bientôt risquer ma vie pour sauver la vôtre, alors ça me regarde. Est-ce que vous baisez votre femme, monsieur Sorel ? Pourquoi n’avez-vous pas d’enfants ? Qu’est-ce que ça veut dire aimer pour vous ? Évidemment, je n’obtins aucune réponse sensée à mes questions absurdes. Le professeur croyait à un piège et répondait n’importe quoi. L’étape suivante était un entretien avec mon supérieur pour essayer de le garder vivant en inventant une infiltration dans les milieux de la résistance avec l’aide d’un Sorel coopératif. Mon chef était directeur des services de renseignements hongrois à la fin des années vingt et il avait migré chez nous à l’arrivée des Russes. C’était un homme dur, sans affects, qui fonctionnait à l’intuition. Il y avait peu de ...