1. Crépuscule


    Datte: 02/06/2026, Catégories: #sciencefiction, #dystopie, fh, campagne, dispute, Auteur: Amateur de Blues, Source: Revebebe

    ... trouve une solution pour le professeur, je me propose et je vous propose de vous cacher chez moi. Il y a une condition, bien sûr, c’est que vous me donniez votre parole que vous y resterez même en mon absence.
    — Vous auriez confiance en ma parole ?
    — Oui, madame Sorel. Mon métier m’amène à fréquenter beaucoup de gens et je finis par être capable de savoir en qui on peut se fier. Malgré la haine que vous ressentez pour moi et qui est d’une certaine manière légitime, j’ai confiance en vous.
    — Eh bien, vous avez ma parole. Je ne sortirai pas de chez vous tant que je n’aurais pas de nouvelles de mon mari. Ensuite…
    
    La conversation avait dérapé à un moment et je me sentais stupide, frustré et malheureux. Je pensai un instant que je pouvais toujours la tuer et me suicider à la suite, mais cela ne m’apaisa pas. Je lui remis les menottes et nous sortîmes de mon bureau. On croisa Franck qui revenait de je ne sais où. Depuis deux ans, ce collègue était ce qui pouvait s’apparenter à un ami. Sauf que je changeais à la vitesse de l’éclair et que je le considérai dans ce couloir comme un danger potentiel. L’envie de poser ma main sur mon arme me démangea.
    
    — Jolie petite chose, Tony ! J’espère que tu en as bien profité, dit-il en regardant ma prisonnière comme un objet.
    — Pas encore, mec, pas encore. J’en ai besoin pour faire parler son mari.
    
    L’échange s’arrêta là, mais j’étais sur les nerfs. J’avais dû prendre sur moi pour ne pas l’abattre alors que nous avions échangé des ...
    ... dizaines de propos similaires auparavant. Quand je me retournai vers Madame Sorel, elle me regardait avec un tel mépris que je faillis l’abattre aussi. Mais je l’amenai chez moi, lui enlevai les menottes et préparai du thé pendant qu’elle prenait une douche. Il n’y avait qu’une chambre chez moi et je ne savais pas encore où nous allions dormir, tout était si confus. Je n’avais jamais été ainsi, est-ce la peine de le dire ? Tout avait toujours été clair dans ma tête, l’idée que je me faisais du monde, des femmes, de mon avenir et de la manière d’obtenir ce que je voulais.
    
    Nous bûmes le thé dans un silence glacial puis je la laissais seule pour aller retrouver son mari et faire je ne sais quelle folie qui me mènerait certainement à ma perte. Je me demandais pendant le trajet ce qui se passerait si son mari décédait pendant un interrogatoire, sans que j’y sois mêlé, les chances que j’avais de la consoler. Elles étaient nulles et je savais que je serais incapable de passer à la suite.
    
    Je trouvai Julien Sorel dans une cellule sombre et malpropre. Il était assis et gardait la tête entre les mains, ne levant pas les yeux à mon entrée.
    
    — Monsieur Sorel, je suis venu m’entretenir avec vous et de cet entretien dépendent beaucoup de choses.
    
    Il ne répondit pas et ne leva pas la tête. J’aurais voulu que ce soit un lâche et il n’en était pas un. Une déception de plus.
    
    — Monsieur Sorel, votre femme me demande de vous aider à rester en vie, mais vous devez peut-être accepter de me ...
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