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Crépuscule
Datte: 02/06/2026, Catégories: #sciencefiction, #dystopie, fh, campagne, dispute, Auteur: Amateur de Blues, Source: Revebebe
... m’aidez, je coucherai avec vous. Son beau visage aux traits réguliers ne ressemblait plus à rien. Elle était écarlate de honte et de douleur. Sa naïveté était attendrissante et c’était la première fois que je ressentais cela. D’habitude, la naïveté des gens de gauche m’exaspérait et me donnait envie de leur faire du mal. Pas cette fois. — Madame Sorel, si je voulais coucher avec vous, je n’aurais pas besoin que nous passions une sorte de marché. Je vous menotterais à ce mur, là où il y a des anneaux qui sont là pour ça, je vous arracherais vos vêtements et je vous fouetterais jusqu’à ce que vous me suppliiez de vous baiser. C’est violent et grossier, n’est-ce pas ? Mais c’est volontaire, car je voudrais que vous compreniez bien la situation. Au lieu de faire des propositions ridicules, expliquez-moi plutôt pourquoi vous tenez autant à votre mari. — Mais… mais parce que je l’aime. — Pourtant, il est vieux et pas très en forme alors que vous êtes resplendissante. Alors, qu’a-t-il de si intéressant ? Je voulais vraiment comprendre. J’étais toujours dans la sidération et j’avais besoin de mots pour en sortir, de mots qui me disent comment on pouvait gagner l’amour d’une femme comme elle, au risque de m’entendre dire que cela était réservé à d’autres, que la porte resterait toujours fermée pour moi. — Je… Si vous connaissiez Julien, vous ne poseriez pas la question. J’étais son étudiante à la fac avant… avant les évènements. J’ai tout de suite été fascinée par cet ...
... homme, par la profondeur et la justesse de ses analyses, par ses immenses connaissances, mais aussi par son honnêteté. Alors quand il a bien voulu s’intéresser un peu à moi… — Bien sûr qu’il s’est intéressé à vous ! Vous avez vingt ans de moins que lui, vous êtes belle comme un soleil et vous êtes une présence lumineuse dans une pièce. Ici même, dans ce bureau sinistre et malgré les circonstances, vous parvenez encore à… Mais expliquez-moi une chose, madame Sorel, si votre mari est si honnête et si gentil, comment expliquez-vous que ce soit lui qui écrive des articles, lui qui fasse des conférences et de lui qu’on parle pour diriger la résistance ? — Que voulez-vous dire ? — Vous le savez très bien. Vous lisez la prop féministe, mais vous êtes à la maison, dévouée à Monsieur. — Que cherchez-vous à prouver ? J’ai voulu travailler, mais vous avez passé la loi de préférence nationale, vous vous souvenez : un travail pour un français plutôt qu’un étranger, un homme plutôt qu’une femme, un jeune plutôt qu’un vieux. Julien n’est pas le genre d’homme que vous sous-entendez. Vous salissez chaque endroit où vous posez votre regard. — Je suis désolé, madame Sorel, mais j’essaye de vous comprendre. Donc, je résume, si je veux être votre ami, je dois sauver votre mari. — J’aimerais tellement que vous le fassiez, mais… nous ne serons jamais des amis, je regrette. Si c’est ce que vous cherchez, autant me tuer tout de suite. — Je ne sais pas ce que je cherche. En attendant que je ...