1. L'initiatrice


    Datte: 15/05/2026, Catégories: #initiation, #personnages, #premiersémois, #différencedâge, fh, fagée, Oral Auteur: Delectatio, Source: Revebebe

    ... camouflée, il n’en avait pas la capacité physique. Il avait bien été militaire, mais simple scribouillard, dans un obscur bureau à Nancy, où il passait le plus clair de son temps à rédiger des rapports abscons. Qui plus est, c’était un fieffé alcoolique qui avait connu une fin minable, laissant une veuve qui n’était pas si éplorée que ça, en fin de compte.
    
    « Alors pourquoi enjoliver la réalité ? », me demandai-je le lendemain matin, en beurrant ma biscotte, sous le regard scrutateur de ma logeuse. Est-ce que cet air revêche ne cachait pas tout simplement une cohorte de fausses vérités ?
    
    — Vous dormez mal, Pascal, lança Ghislaine tout à coup. Avec votre teint cireux, vous ressemblez plus à un croque-mort sous Lexomil qu’à un étudiant fringant.
    — J’ai lu un peu tard hier soir, répondis-je d’une voix neutre.
    — Ah ? Et vous lisez quoi, des romans d’amour ? Ça ne m’étonnerait pas.
    — Non. Des ouvrages de droit pénal. Mais… j’ai du mal à me concentrer. J’ai pensé à ce que vous m’avez dit, sur votre mari, le « parachutiste ».
    
    J’avais bien insisté sur ce terme, en trempant ma biscotte, le regard en coin pour guetter sa réaction.
    
    Ghislaine eut un très léger mouvement de paupière, presque imperceptible. Puis, elle leva sa tasse de chicorée avec un calme affecté.
    
    — Oui, un homme dur, mais juste, comme tous les soldats. Mais pourquoi cette question ?
    
    Je haussai les épaules.
    
    — Mes parents le connaissaient un peu. Je me souviens de conversations à son sujet.
    
    Le ...
    ... silence pesant devint, l’espace d’un instant, assourdissant.
    
    — Ah bon ? reprit-elle d’un ton neutre. Et qu’est-ce que vous avez cru comprendre ?
    
    Je me contentai de lui sourire, mais sans répondre. Je me levai et emportai son bol à l’évier. Je pensais avoir touché une corde sensible. C’était infime, mais bien réel. Pour une fois, je ne pensais plus être le parfait candide.
    
    Une ou deux semaines plus tard, je revins de la fac à l’improviste en fin de matinée. Ce n’était pas dans mes habitudes, car je prenais généralement mon déjeuner au resto U. Mais j’avais oublié des documents importants sur ma table. Rentrant dans la maison sans faire de bruit, je m’apprêtais à aller dans ma chambre, quand j’entendis Ghislaine dans le salon. Une voix forte, presque théâtrale :
    
    — Oh, Cher Ami, vous n’y pensez pas !
    
    Ça me figea sur place.
    
    — Mon Dieu, qu’est-ce que vous me faites faire ! Vous êtes complètement fou… gloussa-t-elle.
    
    La voix de Ghislaine était plus vibrante et plus vivante que je ne l’avais jamais entendue. Intrigué, je m’approchai doucement du séjour. La porte vitrée était entrebâillée. Un mince filet de lumière s’échappait, et au-delà… la scène.
    
    Ghislaine était là, dans son fauteuil de velours bordeaux, le combiné du vieux téléphone serré contre son oreille, sa jupe tirée haut sur ses cuisses parcheminées, ses bas plissés. Mais ce fut cette main aux veines bleutées, ornée de bagues trop grandes, qui me figea. Elle parcourait son intimité, un geste mécanique, ...
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