1. L'initiatrice


    Datte: 15/05/2026, Catégories: #initiation, #personnages, #premiersémois, #différencedâge, fh, fagée, Oral Auteur: Delectatio, Source: Revebebe

    ... commencé à rétrécir, me dit-elle une autre fois.
    — Ne dites pas ça. C’est avec vous que je veux tout, essayai-je de parlementer.
    
    Mais elle détourna les yeux. Et dans le silence tendu qui suivit, je sentis bien qu’un fossé était en train de se creuser entre nous.
    
    Les jours s’écoulèrent, plus calmes, presque paisibles. Mais quelque chose avait changé. Ghislaine continuait de me sourire, de me toucher, de se donner. Mais apparaissaient de nouveaux silences, plus longs, plus lourds, des regards détournés, des phrases qui s’arrêtaient avant la fin.
    
    Et, un soir, elle commença :
    
    — Pascal… Vous êtes un garçon exceptionnel, intelligent, tendre, loyal. Mais je vois bien que, malgré tous mes efforts pour vous modérer, dans votre tête, vous essayez de construire quelque chose… qui ne pourra pas exister.
    
    Sachant très bien où elle voulait en venir, je m’agaçai aussitôt.
    
    — Cela veut dire quoi ? Qu’il faut qu’on arrête ? Que j’étais juste une passade pour vous ?
    — Allons, ne prenez pas la mouche… Ce que nous avons vécu était beau et sincère. Mais vous me regardez comme si j’étais la femme de votre vie, alors que je ne suis peut-être que celle qui vous a ouvert une porte… La fin de l’année scolaire arrive à grands pas et je ne suis pas certaine de reprendre quelqu’un à la rentrée prochaine.
    
    Une douleur monta en moi, sourde, glacée, inacceptable.
    
    — Vous voulez que j’aille avec des filles de mon âge, n’est-ce pas ? Vous pensez que je vais me réveiller un matin et me ...
    ... dire que c’était une erreur ?
    
    Elle sourit tristement.
    
    — Non, Pascal. Je crois que je ne suis pas assez possible, pas assez vivable, pas assez… dans votre monde.
    
    Elle parlait doucement, sans forcer. Mais chaque mot était une petite fissure de plus dans l’édifice que je croyais solide.
    
    — Ce que nous avons vécu était merveilleux, reprit-elle, un souvenir tendre et délicieux. Je ne regrette pas une seule seconde les doux moments passés ensemble. J’aimerais moi aussi qu’ils continuent, mais je sais que c’est impossible… je dois être raisonnable pour deux.
    
    Je savais qu’elle avait raison. Alors à quoi bon pleurer, supplier ou tenter vainement de la convaincre. J’ai préféré accuser le coup pour ne pas tomber dans la médiocrité.
    
    Le printemps était déjà bien installé. Les fenêtres ouvertes laissaient entrer l’odeur du lilas et le bourdonnement paresseux des abeilles.
    
    Dans la demeure, le temps semblait suspendu. Nous vivions nos derniers jours, comme dans une belle parenthèse, sans trop nous poser de questions, sans regarder l’avenir, juste vivre le moment présent. Nous avions recouvré un semblant de sérénité. Nous faisions encore l’amour, mais doucement, sans feu, avec la tendresse de ceux qui savent qu’ils vont devoir se dire adieu.
    
    Un soir, dans le salon, elle me dit :
    
    — Vous savez, Pascal… je crois que vous n’avez plus vraiment besoin de moi. Et, malgré tout le bien que vous me faites, c’est la plus belle chose que je puisse ressentir.
    
    Je ne répondis ...