1. 4. La fusée Artglass


    Datte: 12/05/2026, Catégories: fh, Oral préservati, Auteur: ChrisM, Source: Revebebe

    ... ans, Frédérique, est mariée depuis six ans.
    
    Elle dut voir mon air interrogateur.
    
    — Je vais avoir soixante ans.
    — Ce n’est pas une flatterie, mais je ne l’aurais jamais cru.
    
    Deux ou trois fois par an, quand elle venait à Paris, elle me réservait une soirée et nous allions découvrir un nouveau restaurant ou voir une pièce de théâtre. Je la considérais comme une tante à qui on peut se confier, je crois que j’étais le gendre qu’elle aurait voulu avoir…
    
    oooOOOooo
    
    Jusqu’à la signature du contrat avec Lexor, j’ai cru que la marche était trop haute, que le projet Carmen allait couler Artglass. Mais Hélène retravailla une gamme de parfum, Irène développa avec les industriels les différents flacons, Armelle prépara les projets juridiques, Charles me donna les contacts des commerciaux et prépara notre premier rendez-vous avec Lexor.
    
    On emporta le morceau. Mais comme me l’indiqua Charles le soir :
    
    — Je suis surpris, ils n’ont pas été trop gourmands.
    — Mais alors, pourquoi ils ont signé ?
    — Je pense qu’ils ne croient pas vraiment au potentiel d’un parfum pour eux. Ils doivent se dire qu’on va se planter, que cela leur permettra de tester le marché sans débourser un sou.
    
    J’avais une autre explication.
    
    À l’approche de Noël, Caroline ayant prévu de faire un peu de shopping à Paris, j’avais repéré un restaurant dont on disait le plus grand bien. La veille, elle m’appelle :
    
    — Demain, Frédérique nous accompagne, vous n’y voyez pas d’inconvénient ?
    
    Si, mais ...
    ... je ne pouvais pas l’avouer. Nous n’aurons pas le même type d’intimité avec une troisième personne.
    
    Le lendemain soir, arrivée à leur hôtel, patatras, Caroline m’annonce qu’elle ne se sent pas bien, qu’elle n’a pas envie de sortir, mais qu’elle ne veut pas priver sa fille de la découverte de ce restaurant.
    
    Frédérique arrive, emmitouflée dans un grand manteau, prête à sortir. Je n’avais vu d’elle que des photos, j’avais remarqué sa silhouette, intéressante, ses formes, attirantes. Mais quand sa mère me la présente, c’est la douche froide : un visage fermé, dur, des yeux qui me détaillent, une façon de parler distante. Si J’avais eu des idées de drague, c’est raté. Bon, j’espère que le dîner sera bon et que je ne perdrai pas totalement ma soirée. Je fais contre mauvaise fortune bon cœur et nous voilà partis.
    
    Après avoir déposé son manteau au vestiaire, comme compagne de table, elle me fait honneur. Très élégante dans une simple robe noire, qui a dû coûter un max, un maquillage discret, une coiffure artistiquement déstructurée, elle fait tourner les têtes, même si elle n’a pas l’air de s’en soucier.
    
    On se trouve des points communs, nous aimons manger, nous allons souvent au théâtre, la discussion est lancée, mais je n’apprends pas grand-chose sur elle. Après le repas, Frédérique file aux toilettes, j’en profite pour régler l’addition, commander un taxi. À son retour, je lui propose :
    
    — Je peux vous déposer à votre hôtel ?
    
    Ça me fera faire un détour mais c’est la ...
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