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4. La fusée Artglass
Datte: 12/05/2026, Catégories: fh, Oral préservati, Auteur: ChrisM, Source: Revebebe
Résumé des épisodes précédents : François a retrouvé les anciennes copines, trouvé un bon job. Un matin, mon patron : — Est-ce que vous connaissez la société Artglasss ? — Non, cela ne dit rien. — C’est une petite boîte, une vingtaine de personnes, qui fait des produits en verre, de la déco. Il se trouve qu’on en est devenu propriétaire, par le hasard des rachats et des regroupements d’entreprises. — Et vous attendez quoi de moi ? — La situation n’est pas brillante et se dégrade, année après année. J’aimerais que vous alliez faire un audit, voir comment ça marche, ce qu’on pourrait faire pour améliorer la situation. Je passe trois jours chez Artglass, rencontre le responsable, le personnel, quelques clients, visite les ateliers. Puis je reviens présenter mon rapport à mon patron. — D’un point de vue technique, ils ont été à la pointe dans les années 50. Depuis, ils n’ont pas bougé… Côté clients, aucun renouvellement. — Si on ne fait rien, ça va dans le mur ? — Oui, mais c’est dommage. Je pense qu’avec un peu d’argent, et beaucoup de travail, on devrait la revitaliser. Le sujet me trottant dans la tête, j’en reparle à mon patron quelques mois plus tard : — Vous en êtes où avec Artglass ? — Nous avons décidé de vendre. Ce n’est pas notre domaine d’activité, nous préférons utiliser nos ressources ailleurs. — Et vous avez un acheteur ? — Nous avons contacté plusieurs sociétés, ça n’intéresse personne. — Vous en voulez cher ? — Entre nous, si ...
... quelqu’un nous la reprenait pour le franc symbolique, on la céderait. Tôt ou tard, il y aura un problème social, on voudrait éviter que cela nous retombe dessus. oooOOOooo Quelques jours plus tard, je rencontrai Armelle à l’occasion du baptême de son premier garçon. Cette fois-là, la discussion était apaisée, nous avons parlé tranquillement de choses et d’autres, et sans que je sache pourquoi, j’évoquai Artglass. Elle m’écouta un moment, puis : — Dis-moi. Tu vas rester chef de gare toute ta vie ? Celui qui reste sur le quai et qui regarde partir les trains ? — … — À t’entendre, c’est un gâchis de laisser disparaître cette société. Mais qu’est-ce que tu attends pour y aller ? — C’est vrai, il y aurait des choses à faire, les produits sont sympas, les gens n’attendent que ça. Mais il faudra investir et je n’ai pas d’argent. Et il y a un tas de choses que je ne sais pas faire. — Arrête de te sous-estimer ! Moi, je peux te donner un coup de main sur le juridique. Et je suis sûr que d’autres peuvent t’aider. Armelle, l’étincelle. Le lendemain, je vois mon patron. L’affaire est rapidement menée et, six mois plus tard, je suis seul maître à bord chez Artglass. Je passe les trois années suivantes à travailler comme un fou, six jours sur sept, à visiter les clients, superviser les ateliers, contrôler la moindre dépense. Je ne sors plus, par manque de temps, d’argent. Heureusement, Alexandra me fait crédit, je n’ai jamais eu tant besoin de ses massages. Et merci ...