1. Le bruit incessant des machines


    Datte: 10/05/2026, Catégories: #sciencefiction, amour, cérébral, odeurs, Auteur: calpurnia, Source: Revebebe

    ... événements qui lui échappaient jusqu’ici, au cours d’une exploration aussi fascinante qu’impudique. C’est comme entrer dans un labyrinthe immense dont elle ne dispose absolument pas du plan. Elle part à la recherche d’une sorte de Minotaure psychique auquel elle souhaite se livrer, dans un état de totale vulnérabilité. Il n’est pas sûr que les heures qui précèdent la mort soient une expérience plus effrayante que celle-ci.
    
    Elle se détend, prend son temps, redécouvre ses premiers émois d’adolescente, tout hésitante et troublée devant le charme déroutant des hommes – elle ne se rappelait plus qu’était si réservée à l’époque ! Les odeurs, qui sont les souvenirs les mieux ancrés, reviennent en premier, puis les images et les sons des voix qui semblent émerger du néant par la magie de cette étonnante machine. Elle revoit son premier flirt avec un garçon de son lycée, puceau comme elle, embarrassé face à la nudité innocente qui s’offrait à lui, l’émerveillement partagé, le frisson des caresses impudiques, leur étreinte maladroite qui avait suivi, blottis l’un contre l’autre, cachés dans le grenier de la maison familiale. Lui, elle l’avait complètement oublié, le nom comme le visage, quoiqu’elle lui eût promis le contraire – mais elle n’avait pas prévu de vivre si longtemps.
    
    Apparaît ensuite l’épisode de sa vie sentimentale où elle a été la maîtresse d’un homme qu’elle avait rencontré dans le confort feutré d’un avion orbital, bien plus âgé qu’elle, riche et marié, élégant ...
    ... et sûr de lui. David, ainsi se prénommait-il, l’a entrainée dans une relation toxique de domination sadomasochiste avec des moments violents, mais consentis et assumés, totalement obscènes, où elle offrait avec complaisance ses fesses encore candides aux ardeurs cruelles de son amant. Il maniait la cravache avec une dextérité diabolique, parfois partageait sa jeune maîtresse avec ses amis tout aussi pervers que lui, dans des parties fines au cours desquelles le champagne coulait à flots, autant que la cire brûlante sur la fleur sexuelle ouverte, alors qu’elle s’était laissé attacher dans une position bizarre. Plus elle souffrait, mieux les verges de ces messieurs en costume sombre se tendaient vers son corps vulnérable, les glands perlaient de rosée du désir. Alors elle ne disait pas le mot de sécurité, elle se prenait au jeu et les encourageait à poursuivre dans leur folie érotique.
    
    Dès que son emploi du temps de ténor du barreau lui en laissait le temps, David l’emmenait dans son véhicule spatial privé, en randonnée au fond des canyons martiens, à la découverte des merveilles du système solaire. Il lui offrait des bijoux somptueux et possédait toute une collection d’étranges jouets pénétrants et vibrants capables de procurer à sa maîtresse des orgasmes démentiels ; elle a connu l’extase et cru mourir de volupté, poussé des hurlements, le ventre consumé comme par un soleil de joie, avant de découvrir qu’il est possible d’aller toujours plus loin dans ce domaine, d’emmener ...
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